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Fêtes du Vorbourg 2012

"Suivre le Christ... Plus que jamais"

50ème anniversaire du Concile Vatican II

fr. Jean-Daniel Mischler, OSB

Abbaye de Maredsous

Prédicateur:  Père Jean-Daniel Mischler, bénédictin de Maredsous, (messes de 8h30, 10h et 20h)


 

Programme du 9 au 16 septembre

 

Dimanche 9  - 16h  Célébration d'ouverture  : homélie

 

En semaine : Tous les matins, messes à 5 h 30, 7 h, 8 h 30 et 10 h
 

Lundi 10  : 20 h UP Saint-Germain : paroisse de Courchapoix

Homélie : Dei Verbum
 

Mardi 11 : 20h UP Sts Pierre et Paul: paroisses de Bourrignon, Movelier-Mettembert, Pleigne et Soyhières-Les Riedes

Homélie : Sacrosanctum Concilium (Constitution sur la Liturgie)
 

Mercredi 12 :

16 h Bénédiction des petits enfants

20 h UP Sainte-Marie : paroisse de Courfaivre

Homélie

Jeudi 13 :

8h30 : Pères Bénédictins (jour de repos du prédicateur)

10 h Dekanat Laufental: Hauptzelebrant und Prediger - um 10.00 Uhr Bischofsvikar

 20 h Christoph Sterkman - Musikalische Gestaltung - Mànnerchor Keramik Laufen. Um 20.00 Uhr, Stephan Stadler, Pfarrer in Brislach u. Wahlen

Vendredi 14 :  20 h Ajoie, Clos-du-Doubs - UP de Haute-Ajoie : paroisse de Chevenez

Homélie

 

Samedi 15 :1 0 h Franches-Montagnes et Jura bernois-Bienne romande :  paroisses de Tramelan-Malleray-Bévilard-Tavannes

Homélie

 

Dimanche 16 : 

10h Messe en familles, animée par l'Ensemble «Ca Va Bien», chœur d'Animation de la Vendline-Alle-Baroche

Homélie

16h  Célébration de clôture : Homélie

 

 

Dimanche : ouverture : Le Christ vient libérer tous les hommes. Mc 7, 31-37

Quelle chance ! Quelle chance vous avez de découvrir les enseignements du Concile Vatican II. Il s'agit bien d'un enseignement, avec au centre de tout, le Christ. Suivre le Christ ... plus que jamais ! C'est la toile de fond de tous les documents du Concile. La clé pour accueillir ses enseignements, c'est le Christ. Ce qui signifie que le Concile n'est pas d'abord et avant tout une question de liturgie, de rites, mais bien un appel à un changement d'esprit, à une nouvelle vision de l'Eglise, à une orientation nouvelle au niveau œcuménique, biblique et pastorale.

Non seulement un enseignement, mais avant tout une expérience. Les 2000 Pères du Concile ont vécu, 4 ans durant, une expérience humaine, spirituelle, ecclésiale extraordinaire. Imaginez, 2000 évêques qui ne se connaissent pas, venant de toutes les nations du monde, un vitrail de couleurs de peau, apportant leurs joies et leurs peines, celles de leurs peuples. C'est tout simplement époustouflant, on peut vraiment dire que l'Esprit Saint a soufflé fort, comme une nouvelle Pentecôte.

Annoncé par le Pape Jean XXIII le 25 janvier 1959, à la surprise générale de toute l'Eglise et du monde. Convoqué le 11 octobre 1962, ces 2000 évêques et supérieurs généraux, se demandaient bien comment tout cela allait se dérouler. L'intention générale de ce 21° concile œcuménique n'était pas d'abord de réorganiser l'Eglise, mais de la renouveler en partant du Christ, de sa Révélation, de son mystère, de sa Vérité vivante et de relever ainsi le défi de la foi chrétienne en Dieu dans un monde qui se passe de Dieu.

Interpréter Vatican II comme une expérience spirituelle est un choix, mais ce choix n'empêche pas de reconnaître que ce Concile s'est inscrit au milieu des complexités de l'histoire. Son travail s'est accompli à travers des débats parfois passionnés, des tensions profondes, des affrontements théologiques très réels, notamment autour de la Révélation divine ou autour de la liberté religieuse.

Le travail du Concile a répondu à une autre intention, encore plus radicale : il s'agissait de comprendre les réalités chrétiennes de l'intérieur, à partir de leur source, qui est précisément dans le mystère du Christ, et de les laisser se manifester et se déployer dans le monde. Une démarche qui s'est imposée d'elle-même et qui donne au Concile tout entier à la fois son dynamisme et son unité.

On peut le dire avec une certaine clarté, que c'est le Christ qui présidait le Concile. En effet, chaque matin, devant les Pères du Concile, avant que ne commencent les assemblées, dans la basilique saint Pierre, avait lieu  un geste liturgique très significatif: l'Evangile était solennellement intronisé et placé devant l'autel sous le baldaquin du Bernin, face aux évêques. Cette démarche que nous venons de vivre au début de notre célébration d'ouverture, signifient que les débats qui vont avoir lieu se déroulent face à cette présence mystérieuse et réelle. L'Eglise rassemblée en Concile est là pour répondre aux appels du Christ. L'Eglise est donc essentiellement reliée au Christ. La liturgie actualise cette relation. On peut dire que le premier acteur de la liturgie, c'est le Christ vivant qui se manifeste dans l'Eglise. La première mission de l'Eglise est d'accueillir son Seigneur, d'écouter et de proclamer sa parole, de le louer, de le prier, de manifester sa présence à notre humanité.

J'évoquerai, cette semaine, l'une ou l'autre démarche significative qui ont eu lieu au cours du Concile. Non seulement les évêques ont élaboré des documents pour donner une orientation à l'Eglise, mais il y a eu des gestes significatifs qui ont, comme illustrés, imagés un enseignement.

Je serais très heureux si, au terme de cette semaine, l'envie vous prenait de lire ensemble, à plusieurs, les 4 documents fondamentaux du Concile concernant la liturgie, la Révélation divine, l'Eglise et l'Eglise dans le monde de ce temps. Au cours de cette lecture, je vous invite à prêter attention aux mots utilisés. Ils disent vraiment la nouveauté du Concile. Le langage utilisé traduit bien le message nouveau qui a été développé.

En voici quelques uns : je les répartis en différentes catégories. Il y a tout d'abord des mots horizontaux tels que « peuple de Dieu, frères et sœurs, sacerdoce de tous les fidèles, collégialité ». Deux sont particulièrement importants, « peuple de Dieu et collégialité ». Il y a des mots qui expriment la réciprocité, tels que «coopération, partenariat, collaboration, dialogue, conversation ». Dans une relation d'échange mutuelle, on est frappé par l'affirmation audacieuse selon laquelle « le monde apprend de l'Eglise et l'Eglise apprend du monde ». Même si le mot «changement» n'apparaît que très rarement, d'autres mots apparaissent pour exprimer un changement historique : « développement, progrès, évolution, aggiornamento ». Il y a aussi des mots qui expriment l'intériorité : « charisme, joies et espoirs, tristesses et angoisses, la conscience, l'appel à la sainteté ». Autant de mots qu'aucun Concile dans l'histoire n'a utilisés. Et cela est très significatif.

A travers tous ces mots on perçoit qu'ils convergent de façon remarquable en un message cohérent. Cette cohérence est véritablement révolutionnaire pour une assemblée ecclésiastique de ce type. Ce n'est pas un hasard si, par exemple, le principe fondamental de la constitution sur la liturgie est la pleine participation de chaque membre de l'assemblée dans l'action liturgique et que la description de l'Eglise qui retient le plus l'attention dans la constitution Lumen gentium est celle de l'Eglise comme « peuple de Dieu ».

Il est une autre dimension fondamentale qu'il faut retenir et qui doit guider notre vie chrétienne, notre vie de baptisés et que le Concile nous propose comme chemin de foi. L'Eglise a pour mission, et c'est la trame de fond qui traverse tout l'enseignement du Concile, elle a pour mission de manifester aux hommes la présence et le salut du Christ. L'Eglise ne vit pas pour elle-même. C'est de là qu'il faut partir. Partir de l'acte même par lequel Dieu s'ouvre aux hommes, s'engage dans l'histoire jusqu'à venir au sein de notre humanité pour la renouveler du dedans, à travers l'Incarnation et la Pâque du Christ. Voilà toute l'œuvre du Concile, renouveler du dedans l'humanité, par le Christ, lumière des nations. Cela signifie que nous sommes tous, aujourd'hui, chrétiens, baptisés, appelés à accueillir le Christ de la Pâques, qui vient pour renouveler nos vies et nous entraîner sur un chemin permanent de conversion jusqu'au jour où II reviendra dans la gloire.

Le Concile nous dit aujourd'hui, toi, chrétien, baptisé, communique aux hommes ce que tu vis avec le Christ parce que ce que tu vis avec le Christ tous les hommes sont à mêmes de l'entendre, de l'écouter et de l'accueillir. Tous les hommes sont appelés à accueillir la nouveauté du Christ qui dit le passage de Dieu dans notre histoire contemporaine.

Frères et sœurs, venez, cette semaine, découvrir les richesses du Concile Vatican II, elles ne sont rien d'autres que les richesses de l'Evangile, les richesses d'un Dieu qui vient libérer tous les hommes.

Ensemble, suivre le Christ... plus que jamais.


 

Lundi : La Parole incarnée dans l'histoire. 1 Jean 1,1-4 ; Matthieu 13,1-9


Jésus sort de la maison pour rejoindre les foules qui l'attendent. Les foules se rapprochent de Jésus pour se rassembler autour de lui. Voilà qui plante bien le décor de toute l'œuvre de la Révélation. Dieu, par la personne de Jésus, vient à la rencontre des hommes pour leur parler, les rassembler et leur partager sa vie. Saint Jean en est le témoin : « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. »
La Constitution dogmatique Dei Verbum sur la Révélation divine du Concile Vatican II présente la Parole de Dieu comme une véritable parole échangée entre Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit avec les hommes. Le Pape Benoit XVI le dit a sa manière : « La nouveauté de la Révélation biblique vient du fait que Dieu se fait connaître dans le dialogue qu'il désire instaurer avec nous ». La Constitution reconnaît que « Dieu invisible dans l'immensité de sa charité, s'adresse aux hommes comme à des amis, et converse avec eux pour les inviter à entrer en communion avec lui et les recevoir en cette communion ». C'est en quelques mots ce que décrivent les Pères du Concile au premier chapitre de la Constitution.
Au moment où s'ouvre le Concile Vatican II en 1962, les chrétiens catholiques se posent deux questions. Est-il permis aux chrétiens de base de lire la Bible ? La Bible est-elle sans erreurs ? Le Concile a répondu clairement que le but de la Révélation n'est pas un catalogue de doctrines, mais l'insufflation d'une façon d'être, propice au développement de la charité, de la foi et de l'espérance. Quand Dieu se révèle, quand Dieu se dévoile, quand Dieu se fait connaître, Il communique, il donne, il insuffle un esprit de communion et de sainteté : un esprit de communion qui vise l'humanité entière, un esprit de sainteté qui offre aux hommes de devenir pleinement des hommes. Il est donc évident que la lecture des Ecritures saintes est fondamentale pour un chrétien et pour tout homme. Elle engendre une vie chrétienne. Il faut lire les Ecritures comme l'histoire de Dieu qui travaille l'humanité pour la conduire à sa plénitude.
La constitution sur la Révélation divine est certainement le texte le plus important de tous les textes du Concile. Il a été le plus discuté. Il a subi une refonte totale, plusieurs fois d'ailleurs. Le message qu'il veut nous donner est simple, mais combien révélateur de ce qui est essentiel lorsque nous lisons les Ecritures. En effet, au centre de la Révélation, il y a Dieu. Dieu est au départ de toute l'histoire du salut. Dieu qui se fait connaître, qui se révèle par Jésus. Jésus est la Parole de Dieu, la révélation du visage de Dieu, le chemin qui conduit à Dieu le Père. C'est Lui, Jésus, qui nous fait connaître le Père et qui nous donne l'Esprit de vérité. Le Christ est la route du Père vers les hommes et des hommes vers Dieu.
Le Christ est au centre de toute la révélation, il est lui-même l'annonce de ce qu'il annonce. Il annonce le Règne de Dieu. Ce Règne qu'il est lui-même. Il le dira lui-même au début de sa mission en Galilée. « Le Règne de Dieu s'est approché de vous. » Le Christ est bien l'événement de la révélation. « L'Ancien testament avait pour raison d'être majeure de préparer l'avènement du Christ Sauveur du monde, et de son royaume messianique, d'annoncer prophétiquement cet avènement ». Ce qui signifie que le christianisme n'est pas une religion du livre, comme on le prétend, mais la religion d'une personne, la personne du Christ, Révélateur du Père et chemin vers le Père. Tu veux connaître Dieu, tu veux connaître son projet pour l'humanité, fréquente Jésus et son Evangile, écoute ses paroles, admirent ses gestes, découvre sa personne, contemple comment l'Esprit de Dieu l'habite.
Après avoir clarifié le sens de la Révélation de Dieu par le Christ, les Pères du Concile ont abordé la question de la transmission de cette Révélation de Dieu. Qui nous transmet la Révélation ?
Pour les Pères, il y a une seule source, l'Evangile, la Bonne Nouvelle qui nous révèle le mystère du Christ. Mais la prédication de l'Evangile nous parvient par le double canal de l'Ecriture et de la Tradition. L'Ecriture, ce qui a été mis par écrit. La Tradition, ceux qui nous ont transmis les évangiles ainsi que les apôtres et les Pères de l'Eglise, mais aussi, et ceci est important, tout ce à travers quoi la voix de l'Evangile s'actualise à chaque époque, et donc aujourd'hui même, dans la vie de l'Eglise. La transmission de la Bonne Nouvelle du mystère du Christ se réalise par le dynamisme des communautés chrétiennes qui communiquent aux hommes d'aujourd'hui le visage du Dieu vivant, le Dieu de l'Alliance, le Dieu de Jésus.
D'où maintenant l'importance d'écouter le message de la Révélation qui nous est faite. Il s'agit bien de se laisser interroger par la Parole de Dieu. Nous sommes invités à changer de posture : c'est avant tout la Parole de Dieu qui s'adresse à nous. Comment se mettre à l'école du Christ avec cette conviction qu'en écoutant la Parole de Dieu j'ai la certitude que c'est Dieu qui vient à moi comme un ami.
Le premier lieu de l'écoute de la Parole de Dieu, c'est la liturgie. La liturgie est l'un des domaines où l'influence de la Constitution sur la Révélation est la plus visible. Ecouter, en communauté rassemblée, toute l'histoire du salut que nous communiquent l'Ancien testament, les psaumes et le Nouveau testament, c'est un acte fondateur et formateur de l'assemblée. D'où le fait que toutes célébrations chrétiennes comportent une proclamation des Ecritures. Convoqués à la table de la parole, les communautés chrétiennes écoutent, accueillent et se laisse engendrer par la Parole de Dieu. Elle devient ainsi la source du don de l'Esprit qui façonne notre vie et insuffle en nous un dynamisme qui est, en quelque sorte, une culture qui veut transformer notre culture matérialiste et individualiste. La culture de la révélation transforme notre culture humaine. La table de la parole de Dieu « comme celle du Corps du Christ », nous offre une nourriture, le vrai Pain de Vie. La Parole de Dieu est aussi un pain à manger pour qu'elle me nourrisse et me donne de devenir à mon tour ce que je mange.
La constitution Dei Verbum se termine par un très beau chapitre intitulé « La sainte Ecriture dans la vie de l'Eglise ». En quelques mots, elle invite tous les chrétiens, laïcs et ministres, « à apprendre, par la lecture fréquente des Ecritures, la science éminente de Jésus Christ, car l'ignorance des Ecritures, c'est l'ignorance du Christ, affirme saint Jérôme.
La lecture priante des Ecritures est un espace qui permet à la Révélation de Dieu d'établir un vrai dialogue entre Dieu et l'homme car « nous lui parlons quand nous prions, mais nous l'écoutons quand nous lisons les oracles divins » affirme saint Ambroise.
Voilà, en résumé, l'essentiel de la Constitution sur la Révélation, sur la Parole de Dieu, sur les Ecritures.
Et si nous permettions aux Ecritures, à la Parole de Dieu, à la Révélation de Dieu de prendre toute leur place pour le renouveau d'une vie spirituelle, d'une vie en Eglise, d'un témoignage authentique dans l'aujourd'hui du monde ?
Voilà le chemin, pour suivre le Christ, plus que jamais !
 


Mardi : « Une annonce dans la louange » : Romains 6,1-11 : Marc 16,1-8.


Saint Paul rappelle aux communautés chrétiennes de Rome que le Christ, mort et ressuscité, est au centre de leur vie. Chaque chrétien, plongé dans le Christ, enraciné dans son amour pour tous les hommes, manifeste le Règne de Dieu dans le monde.
Les récits concernant les manifestations du Ressuscité nous dévoilent comment le Christ Vivant appelle les femmes et les disciples à annoncer sa présence, non sans vaincre une certaine peur, dans un premier temps.
Le Concile Vatican II, dans sa Constitution sur la liturgie, engage le peuple chrétien à célébrer le Christ mort et ressuscité. Un peuple appelé et choisi pour être la prière du monde, et faire de toute célébration une annonce dans la louange et l'action de grâce.
Dans cet esprit, les Pères du Concile ont planté au centre de la liturgie, le mystère pascal, la Parole de Dieu et les diverses présences du Seigneur dans la célébration. Bien d'autres sujets sont abordés : la formation liturgique et la participation active, le mystère de l'Eucharistie, les sacrements, la Liturgie des Heures, la musique, l'art sacré. Je me concentre sur les trois premiers que je viens de mentionner.
Comment entrer dans le mystère de Dieu par la célébration de la Pâques du Seigneur ?
« Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » affirme saint Paul. La mission essentielle de l'Eglise est d'annoncer le salut pour tous les hommes. Et ce salut se réalise par la mort et la résurrection du Christ. Célébrer, c'est vivre la Pâques du Christ, c'est annoncer sa mort, proclamer sa résurrection, attendre sa venue dans la gloire. Célébrer, c'est vivre dans le quotidien de nos vies l'événement qui engendre une vie nouvelle. Célébrer, c'est annoncer Dieu qui passe dans notre histoire. Evidemment, ce salut est vécu dans l'histoire, dans notre vie, par des signes, les sacrements et par des rites. Tous les sacrements s'enracinent dans le mystère de Pâques. Pâques, l'événement de la mort et de la résurrection du Christ, est la source, le sens, le fondement des sacrements, des signes qui dynamisent notre vie chrétienne. Les sacrements sont les signes que Dieu passe dans notre histoire personnelle et communautaire, les signes du Christ qui se donne à nous par l'événement actualisé de sa mort et de sa résurrection.
Alors que dans notre culture occidentale nous survalorisons le langage des chiffres, des calculs, des résultats, de la rentabilité marchande, sommes-nous sensibles au langage des signes ? Nous avons besoin dans notre existence chrétienne et dans nos communautés, de revaloriser le langage des signes. Par exemple, le signe de l'eau, quand elle coule ; le signe de l'huile, quand elle sent, qu'elle brille et qu'elle imprègne ; le signe du feu, de la flamme, celle du cierge pascal, surtout. On entre dans le mystère de la liturgie en regardant, en écoutant, en touchant, en sentant. Le mystère de Dieu, du salut, de la Pâques vient à nous à travers nos corps et nos sens, à travers le Corps de l'Eglise. Le langage des signes, c'est le langage de la liturgie qui nous permet d'entrer dans le mystère de Dieu. La Croix est le signe par excellence qui nous dit que dans toute célébration, la mort et la résurrection du Christ est source de vie et d'engagement.
Comment entrer dans le mystère de Dieu à travers sa parole ?
Les Pères du Concile ont reconnu la place centrale de la Parole de Dieu dans la liturgie. Tout simplement parce que la liturgie est le lieu par excellence de l'annonce de la Bonne Nouvelle de Dieu à la communauté rassemblée, mais aussi le lieu de l'accueil par l'écoute et la réponse qu'en donne la communauté. Il y a vraiment un dialogue qui s'établit entre Dieu qui s'ouvre à nous, et l'Eglise qui écoute sa Parole, qui reçoit cette Parole pour en vivre. Ainsi, la liturgie suscite, favorise, fait émerger ce « nous » du peuple des baptisés qui se constitue à partir de la Parole de Dieu écoutée, célébrée, reçue et vécue.
Dans la Tradition chrétienne des premiers siècles, les Pères de l'Eglise feront valoir ce qu'ils appellent « les deux tables de l'Eucharistie : la table de la Parole et la table du pain rompu. Parole de vie et Pain de vie sont comme les deux pôles de l'acte eucharistique.
On peut dire que les Pères du Concile ont ouvert largement la table de la Parole, la table des Saintes Ecritures pour façonner en quelque sorte le rassemblement des chrétiens, pour lui donner son sens, pour donner le sens des signes développés lors des diverses liturgies, pour nourrir tous ceux qui cherchent Dieu et qui le célèbrent en communauté. C'est dire que le Dieu des chrétiens est un Dieu qui parle, qui nous rejoint par sa Parole, par le Christ, la Parole vivante. On peut dire que notre Dieu a soif de parler pour nous partager sa vie et nous lancer dans l'aventure du témoignage.
Comment entrer dans le mystère de Dieu par l'accueil de sa présence ?
Les Pères du Concile affirment que le Christ se rend présent dans la liturgie de plusieurs manières : il est présent dans l'Eucharistie et dans la personne du ministre, il est présent au plus haut point dans le pain et le vin, il est présent dans les sacrements, il est présent dans sa parole, il est présent lorsque l'Eglise prie et chante les psaumes. Comme le dit Matthieu dans son évangile : « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d'eux ». Présence du Christ dans toutes les actions liturgiques. Pourquoi ? Parce que dans la liturgie, lorsque des chrétiens se rassemblent, c'est le Christ Vivant, ressuscité qui vient à notre rencontre pour nous ouvrir les portes de son amour, de son pardon, pour faire alliance avec nous et nous donner son Esprit pour que nous devenions témoins de sa présence, de sa parole, de son agir. La liturgie nous entraîne dans le mouvement de Dieu qui vient planter sa tente au milieu de nous pour transformer notre existence et notre humanité, pour réaliser son Règne de paix, de joie, de justice et d'amour.
Cette venue, cette présence du Seigneur se déroule au plus haut point, au moment du rassemblement liturgique des chrétiens, le premier jour de la semaine, le jour du Seigneur, jour de sa mort et de sa résurrection. Ce jour est le temps privilégié de sa présence à sa communauté et le moment, chaque fois réactualisé lorsqu'ils se réunissent pour la fraction du pain, de leur envoi dans le monde.
Vous le voyez, frères et sœurs, la liturgie n'est pas d'abord une affaire de rites, de tenues, de manières de faire. C'est plus important que cela. Si les rites n'expriment pas ce qu'est véritablement la liturgie, les rites sont morts. Ils tombent d'eux-mêmes. Les rites sont au service du message chrétien, au service du rassemblement des chrétiens pour qu'ils annoncent en vérité ce qu'ils célèbrent, la mort et la résurrection du Christ, sa présence parmi nous.
En conclusion, comment entrer dans le mystère de Dieu par la liturgie ?
En célébrant la mort et la résurrection du Christ, en vivant de sa Parole, en témoignant de sa présence. En d'autres mots, il s'agit d'annoncer une Bonne Nouvelle, il n'y en pas d'autres, Marie Madeleine l'avait très bien compris au tombeau de Jésus, le Christ est Vivant, Il est ressuscité.
Frères et sœurs, laissez passer le mystère de Dieu à travers les signes de la liturgie et des sacrements. Eveillez des personnes à ce regard contemplatif qui donne à voir ce qui vient de Dieu et qui passe par nous.
La liturgie, un chemin pour suivre le Christ, plus jamais, dans la louange et l'annonce de sa présence.


Mercredi : Réveiller une Eglise endormie - Néhémie 8,1-12 ; Jean 15,1-17
 

Ce rassemblement du peuple de Dieu décrit par Néhémie m'a toujours fasciné. Rassemblé comme un seul homme pour écouter la Parole de Dieu, transformant les cœurs avec beaucoup d'émotion et de joie, le peuple de Dieu ouvre une nouvelle page de son histoire. On y voit là l'image de l'union des chrétiens dans le Christ, écoutant sa Parole, se laissant façonner par Elle pour devenir témoin de la présence de Dieu dans le monde. N'est-ce pas cela l'Eglise ?
Saint Jean évoque l'image de la vigne pour parler de l'Eglise. Une vigne, un vigneron, un cep, des sarments, une sève, des fruits, autant d'images pour évoquer l'union qui unit tous les baptisés appelés à demeurer les uns avec les autres dans la personne du Christ, dans un véritable esprit de communion et d'amour mutuel.
Avec ces deux textes de l'Ecriture, il me semble y découvrir ce que le Concile nous invite à vivre en Eglise et dans l'Eglise aujourd'hui.
Les Pères du Concile ont vécu une expérience inouïe lorsqu'ils ont commencé leur réflexion sur l'Eglise. Pour comprendre ce qui s'est passé, je vous propose un petit regard historique. Après l'annonce du Concile par le Pape Jean XXIII, une large consultation a été organisée. Plusieurs commissions ont travaillé pour rédiger une multitude de textes sur le thème de l'Eglise. Un schéma en est sorti avec comme tête de chapitre : la nature de l'Eglise militante, des membres de l'Eglise militante, bref, les Pères du Concile avait entre les mains un document qui présentait l'Eglise sous une forme pyramidale. Refusé parce que non-conforme aux désirs du Pape Jean XXIII, on a commencé de rédiger plusieurs propositions. Un nouveau texte complètement remodelé est alors voté en assemblée. Un vrai coup du saint Esprit. Que comporte ce document? En introduisant le document par ses mots: « Lumen gentium- Le Christ est la lumière des peuples », le Concile développe une vision de l'Eglise totalement renouvelée. Il décrit l'Eglise comme la projection du Christ, dont la lumière resplendit sur le monde pour éclairer perpétuellement les hommes.
Curieusement, se sont des paroles du Pape Jean XXIII qui ont inspiré le ton du document qui va naître du Concile. Dans un message à la radio en 1962, le Pape Jean XXIII déclare : « Nous estimons opportun et heureux de rappeler ici le symbolisme du cierge pascal. A un signal de la liturgie, voici que résonne son nom : Lumen Christi. De tous les points de la terre, l'Eglise de Jésus répond : Deo gratias, Deo gratias. C'est comme ci elle disait : Lumière du Christ, Lumière de l'Eglise, Lumière du monde. Un Concile, ajoute le Pape, n'est-il pas le renouvellement de la rencontre avec Jésus ressuscité, rayonnant dans l'Eglise entière, pour le salut, la joie et la splendeur des peuples humains ? »

Un autre événement a joué un rôle important dans la rédaction du document sur l'Eglise, c'est le pèlerinage du pape Paul VI en Terre sainte. Par les yeux, les oreilles, les pieds et les mains, ce pèlerinage a hâté le recentrement de l'Eglise sur le Christ. Ce pèlerinage a créée une nouvelle situation et un nouvel élan.
Si le Christ est au centre de l'Eglise, qu'elle est donc le rôle de l'Eglise ? Qu'elle est son visage ? Je reviens ici au document lui-même pour tracer simplement la ligne de fond, l'harmonie interne de tous les chapitres de cette Constitution. Une harmonie qui va par couple de deux chapitres.
Au point de départ, le Concile affirme que tous les hommes sont appelés, par Dieu le Père, à entrer en communion avec le Christ, lumière du monde, de qui nous procédons, par qui nous vivons et vers qui nous tendons. C'est par le don de l'Esprit que le Père donne la vie à tous les hommes, puisqu'il habite dans le cœur des chrétiens comme dans un Temple.
Tous ceux qui croient au Christ sont appelés à devenir le nouveau peuple de Dieu. L'ensemble de ceux qui regardent avec la foi vers Jésus, Dieu les a appelés, il en a fait l'Eglise pour qu'elle soit, aux yeux de tous et de chacun, le sacrement visible de cette unité.
Oui, Dieu appelle tous les hommes à devenir son peuple, un peuple qui répond à son appel !
Au cœur de ce peuple, la structure de l'Eglise avec les ministères ordonnés et le laïcat. Pour assurer la croissance du peuple de Dieu, pour vivre une authentique vie de communion, le Christ a institués des ministères variés pour le bien de tout le corps : en priorité, l'épiscopat. Les évêques sont appelés à vivre leur service dans un esprit et une recherche profondément collégiale. Les prêtres et les diacres participent au ministère de l'épiscopat dans le même esprit de collégialité et de » communion. Le premier rôle de ces ministères est de répercuter l'appel de Dieu à tous les hommes.
Néanmoins, les pasteurs n'ont pas été institués par le Christ pour assumer à eux seuls tout l'ensemble de la mission de l'Eglise à l'égard du monde. Tout le monde, dans le peuple de Dieu est appelé à apporter son concours à l'œuvre commune. Ceux qu'on appelle les laïcs, membres du peuple de Dieu à part entière, sont appelés à participer à la mission de l'Eglise par la prière, le témoignage et le service.
Oui, Dieu appelle tous les membres du peuple de Dieu, qu'elle qu'ils soient, qu'elle que soient leur rôle dans l'Eglise, à participer à la mission du Christ dans le monde.
Néanmoins, tous les membres du peuple de Dieu, tous les baptisés dans le Christ sont appelés à prendre le chemin de la sainteté. Tous sont appelés à grandir dans la foi, la charité et l'espérance, tous sont appelés à vivre les béatitudes, tous sont appelés à devenir les témoins de la justice et de la paix. A ce niveau-là, il y a mille manières de vivre le chemin de la sainteté. La multitude de ceux et celles qui s'engagent dans la vie religieuse représentent, sur ce chemin de sainteté, bien des chemins pour dire quelque chose du Royaume de Dieu.
La constitution sur l'Eglise se termine par la description d'un chemin d'espérance. Le peuple de Dieu est un peuple en marche, l'Eglise est en route. Les saints nous disent quelque chose de ce vers quoi nous tendons : la gloire de Dieu. Notre avenir est à venir. Si Dieu est infiniment présent à nos vies aujourd'hui et qu'il nous accompagne par son amour et son Esprit, c'est bien pour nous conduire tous dans son Royaume céleste, lorsque viendra le temps où toutes choses seront renouvelées. Marie, avec tous les patriarches et les prophètes de l'Ancien Testament, avec tous les saints et saintes reconnus ou non, est bien la première en chemin, celle qui nous ouvre les portes de la vie éternelle et qui nous dit quelque chose de l'espérance vers quoi tout le peuple de Dieu est en marche.
Oui, frères et sœurs, tel est le message du Concile sur l'Eglise : suivre le Christ plus que jamais, écouter la Parole de Dieu qui nous rejoint aujourd'hui, susciter des espaces de communion, réveiller l'Eglise quand elle s'endort, devenir tous des prophètes de la confiance et de l'espérance.


Vendredi : Des prophètes chahuteurs : Isaïe 2,1-5 ; Mathieu 5,1-12


Le prophète Isaïe et Mathieu, le disciple de Jésus, plantent le décor. Toutes les nations sont appelés à se rassembler sur la montagne de Dieu pour écouter son enseignement et apprendre à discerner ce qui est bien pour les hommes. Il n'y aura plus de guerres. La paix habitera la terre.
Jésus enseigne dans quel esprit les hommes sont appelés à accueillir le Royaume de Dieu. Mais aussi, qui sont les privilégiés du Royaume, les pauvres, les affligés, les humbles. Néanmoins, tous les hommes sont invités à devenir des artisans de paix, de justice, de réconciliation.
C'est dans ce cadre qu'il nous faut situer la constitution pastorale de l'Eglise dans le monde de ce temps. Après avoir annoncé que le Christ est au centre de la vie chrétienne, après avoir dessiné le vrai visage de l'Eglise autour du Christ, lumière des nations, voici que les Pères du Concile vont parler de l'Eglise dans sa relation avec le monde. La question s'était posée : à qui s'adresse le Concile, aux chrétiens seulement ou à tous les hommes ? Les chrétiens vivent dans le monde, les pasteurs de l'Eglise travaillent dans le monde, auprès des hommes, en lien avec toutes les situations humaines. Dès lors, le Concile ne pouvait pas ne pas s'adresser aux hommes.
Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ.
C'est ainsi que le Concile affirme, dans un préambule, la solidarité de l'Eglise avec le monde. Mais avec quel monde ? Le monde marqué par l'effort de l'homme, ses défaites et ses victoires. Saisi d'admiration devant ses propres découvertes et son propre pouvoir, le genre humain s'interroge, souvent avec angoisse, sur l'évolution présente du monde, sur la place et le rôle de l'homme dans l'univers, sur le sens de ses efforts individuels et collectifs, sur la destinée ultime des choses et de l'humanité.
Pour les Pères du Concile, ce monde est vraiment à sauver. Les chrétiens qui enracinent leur vie dans la personne du Christ mort et ressuscité, sont au service de ce salut. L'Eglise, la communauté des disciples du Christ ne peut vivre sans féconder du sens à l'humanité. Elle a un rôle urgent d'exercer son rôle prophétique. L'Eglise est au service de l'avenir du monde pour l'améliorer jusqu'au jour où le Christ reviendra dans des cieux nouveaux et une terre nouvelle. C'est le regard tourné vers l'avenir, ce qui viendra et qui vient, qui est le critère de discernement pour construire un monde de paix et de réconciliation.
Alors que les Pères du Concile travaillaient sur cette constitution, voilà qu'un autre événement va se produire. Un événement qui montre clairement que rien de ce qui est humain ou qui fait souffrir l'humanité, n'est indifférent à l'Eglise. Il s'agit du discours du Pape Paul VI à la tribune de l'ONU. Portant le souci du bien commun de l'humanité, le Pape a déclaré : «Jamais plus la guerre, jamais plus la guerre. C'est la paix qui doit guider l'avenir de l'humanité ». Répétée plusieurs fois, cet appel solennel du Pape devant les représentants de toutes les nations, a été intégré dans la Constitution pastorale comme une annonce prophétique qui traduit bien comment l'Eglise a son mot à dire dans la situation du monde, et cela, au nom du Christ qui fait toutes choses nouvelles.
Cette constitution pastorale, que je vous invite à lire dans des équipes, en groupes, à plusieurs, comporte deux grandes parties. La première, fondamentale, s'intitule : « L'Eglise et la vocation humaine ». Puis, suit une deuxième partie intitulée : « De quelques problèmes plus urgents ». Comme je n'ai pas l'espace pour développer suffisamment tous ces aspects, je résume en vous donnant l'essentiel.
Parler de la dignité humaine, c'est évoquer la vocation de l'homme qui est créé à l'image de Dieu, capable d'aimer et de connaître son Créateur. Mais l'homme est divisé en lui-même. En lui se manifeste une lutte continuelle entre le bien et le mal. Seule, une relation confiante et vivante avec le Christ, l'Homme nouveau, peut le renouveler et lui ouvrir les portes de la paix et de la justice. Le Christ est la clé de compréhension parce qu'il est l'Homme nouveau.
Mais Dieu a voulu que tous les hommes constituent une seule famille et se traitent mutuellement comme des frères. Pour cela, l'amour de Dieu et du prochain est le premier et le plus grand commandement. C'est dans le don désintéressé de lui-même que la famille humaine réalise sa vocation. Là encore, c'est toujours le Christ qui montre le chemin quand des hommes s'enfoncent dans des situations de guerres et d'adversités. Le chemin de l'amour vient en quelque sorte comme chahuter les situations d'affrontement.
Nous savons que le monde est en mouvement. Toujours en route, avec des situations toujours nouvelles, les hommes sont appelés par Dieu à construire ce monde dans un esprit de solidarité. L'événement qui doit nous guider et qui nous donne la force de le réaliser, c'est le mystère de Pâques, la mort et la résurrection du Christ que nous célébrons en chaque Eucharistie. De Pâques en Pâques, portés par l'amour du Christ Jésus qui donne sa vie, qui passe de la mort à la vie, Il vient nous ouvrir la route d'un avenir nouveau, une terre nouvelle et des cieux nouveaux que nous attendons. Oui, l'activité humaine s'achève dans le mystère pascal.
Le Concile termine cette première partie de la constitution par un magnifique chapitre sur le Christ. C'est le Seigneur lui-même qui le dit : « Voici que je viens bientôt pour rendre à chacun selon ses œuvres. Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin ».
La deuxième partie évoque un certain nombre de problèmes qui se posaient à l'époque du Concile, il y a maintenant 50 ans. A savoir, des questions autour du mariage, de la culture, du monde économique et social, de la politique et de la juste autonomie des réalités terrestres. Sur ces sujets, il faut le reconnaître, les Pères ne sont pas allés au bout du discernement qui s'imposait. La question était celle-ci : comment apprendre à discerner ce qui correspond à la volonté de Dieu pour trouver l'attitude juste du Créateur. Néanmoins, cela vaut la peine de lire et d'échanger sur ces différents problèmes.
Mais je désire terminer en vous proposant comme une boussole chrétienne, une relecture de la Constitution sur l'Eglise dans le monde de ce temps.
Au centre le Christ qui nous appelle et s'adresse à chacun de nous, à tous les hommes, pour faire de tous les hommes des êtres humains debout. Chacun est libre d'y répondre.
Dieu n'a qu'un désir, former une seule famille humaine, des hommes et des femmes solidaires les uns des autres pour construire une humanité nouvelle dans l'amour et la paix.
Là où règne la division, le péché, le mal, la corruption, la violence, le pardon est donné en Christ. La réconciliation entre les hommes est possible par le Christ, Sauveur de l'humanité.
L'horizon, c'est la paix, la paix qui est l'horizon pensable de l'humanité.
Frères et sœurs, devenons ensemble des prophètes chahutant le monde pour qu'il s'ouvre au Christ, Lumière des nations.


Samedi : « Une femme comme toujours ». Marie, Mère de Dieu et de l'Eglise.
 

Au terme de notre chemin conciliaire, après un arrêt sur les quatre documents essentiels du Concile, le mystère de la révélation, le mystère de l'Eglise, la relation de l'Eglise avec le monde, la célébration du mystère de la mort et de la résurrection du Christ dans la liturgie, je vous invite maintenant à contempler Marie, mère de Dieu et de l'Eglise. Marie, une femme comme toujours, qui nous invite à prendre la route qui va vers Dieu.
La question s'est posée au Concile, faut-il rédiger un document unique au sujet de Marie ? Après bien des discussions, reflétant diverses tendances, les Pères du Concile ont inséré un chapitre sur Marie dans le document sur l'Eglise. Mais ne soyez pas étonné si ce chapitre advient à la fin du document sur l'Eglise. Ce choix n'est pas neutre. Il décrit tout simplement qu'elle est la route de l'Eglise, de la communion chrétienne. Où va l'Eglise? Où nous conduit le Christ? Quel est notre avenir ? Marie, partageant la gloire de Dieu, nous montre le chemin et nous ouvre la porte du ciel.
En relisant le chapitre 8 de la Constitution sur l'Eglise qui évoque le rôle de Marie dans l'histoire du salut, j'ai relevé tous les titres que le Concile donne à Marie. Elle est la Mère du Sauveur et du Rédempteur, elle est celle qui occupe la première place parmi les humbles et les pauvres qui espèrent le Salut, elle est la fille de Sion, elle est la Mère de Dieu la toute Sainte, elle est la Vierge de Nazareth, la servante du Seigneur, la Mère de Jésus, la Reine de l'univers, elle est le modèle dans l'ordre de la foi, de la charité et de la parfaite union au Christ, elle est la nouvelle Eve, la Mère de l'Eglise.
Mais je ne peux pas m'empêcher de vous citer le cinquième paragraphe intitulée : « Marie, signe d'espérance assurée et de consolation pour le peuple de Dieu en pèlerinage sur la terre ». Tout comme dans le ciel où elle est déjà glorifiée corps et âme, la Mère de Jésus représente et inaugure l'Eglise en son achèvement dans le siècle futur, de même sur cette terre, en attendant la venue du jour du Seigneur, elle brille déjà comme un signe d'espérance assurée et de consolation devant le peuple de Dieu en pèlerinage.
C'est ce signe d'espérance et de consolation qu'est Marie, que je désire maintenant souligner. Dans un monde de violence, de crispation financière, où toutes les joies, tous les espoirs croisent toutes les angoisses et toutes les peurs des hommes, Marie apparaît pour nous, chrétiens, comme un appel à voir au-delà, à nous laisser conduire sur la route qui va vers Dieu, là où le Christ partage la gloire de Dieu, là où Marie partage dans toute sa plénitude, l'amour de Dieu.
Vous le savez bien chers amis, le Christ est venu sur la terre, envoyé par Dieu son Père et notre Père, pour que tous les hommes aient la vie et l'aient plus abondamment. Cette vie, c'est la vie du Christ, une vie qu'il partage dans toute sa plénitude et qu'il nous communique chaque fois que nous vivons des moments forts avec Lui, que se soit par les sacrements, la prière ou la communion fraternelle.
Toute impulsion vitale, toute grâce que nous recevons du Christ est une communication de sa vie glorieuse, de cette vie qu'il partage avec Dieu son Père. Et cela nous prépare, dès ici-bas, sur cette terre, à une vie qui atteindra toute sa plénitude seulement dans l'éternité. Déjà nous participons à la lumière et à la force du Seigneur qui nous éclaire, nous soutient et nous inspire en toute œuvre bonne ; cependant, « ce trésor, nous le portons dans des vases d'argiles. Déjà nous sommes unis à Dieu et il habite en nous, mais nous le voyons seulement « comme dans un miroir, d'une manière énigmatique ».
On peut donc dire que, maintenant déjà, tous les chrétiens, tous les membres de l'Eglise sont vraiment saints, mais cette sainteté est pour le moment, fragile, imparfaite, comme en germe. Ce qui veut dire que nous sommes un peuple de Dieu en route, en pèlerinage, en marche vers une vie qui nous comblera de joie, d'allégresse, d'un bonheur authentique.
Cette certitude d'une vie orientée vers l'avenir, vers ce qui va surgir au-delà de notre mort, est la source d'un dynamisme plein d'amour, parce que c'est l'amour du Christ qui nous attire. Et cet amour suscite en nous le désir ardent de jouir de sa présence. Suivre le Christ, plus que jamais, jusqu'au jour d'une vie en communion parfaite avec Lui.
Sur cette route, durant ce pèlerinage, Marie nous accompagne comme une Mère, comme une main tendue pour nous tracer le chemin vers la plénitude d'une vie dans l'amour d'un Dieu qui nous aime et qui nous attend.
Marie, signe d'espérance d'une vie dans la paix, dans la charité, dans l'amour, dans la justice, dans la fraternité.
Marie, signe de consolation qui ouvre un avenir pour les pauvres, les petits, les fragilisés, les humbles. Heureux les pauvres, les humbles, les fragiles.
Marie, cette femme de toujours, cette femme humble de Nazareth, qui partage maintenant la gloire de son Dieu, elle rayonne de clarté et d'amour. Elle est la porte de notre avenir, de ce qui vient à nous et qui nous attire.
Marie, élevée au ciel, partageant la plénitude de l'amour de Dieu, elle ne cesse de nous accompagner durant notre pèlerinage jusqu'au jour où nous serons tous unis dans la paix.
En contemplant Marie, l'Eglise, tous les baptisés dans le Christ, lèvent les yeux vers Marie parce qu'elle brille, devant nous, comme un signe d'espérance assurée et de consolation pour le Peuple de Dieu en marche.
Pèlerins, soyons un peuple de Dieu en marche, orienté vers notre avenir, cet avenir que Marie nous révèle, dans la mesure où le Christ est plus que jamais, la Lumière du monde.


Dimanche - Messes des familles et clôture


Avec cette page d'Evangile, qui clôture notre semaine autour des 4 documents fondamentaux du Concile Vatican II, nous voici à Césarée, dans l'extrême nord du pays. Nous voici à un sommet de la vie du Christ où les révélations progressives sur sa personne vont culminer dans la profession de foi de Pierre. Sommet qui sera un nouveau départ vers le grand, le tragique et triomphal sommet de la croix. On va ainsi de sommets en sommets, d'étapes en étapes, à travers les pages de l'Evangile, jusqu'à la reconnaissance du centurion : « Celui-ci est bien le Fils de Dieu ».
Au cours de cette semaine du Vorbourg, je vous ai invité à «Suivre le Christ ... plus que jamais» ! Pourquoi ? Tout simplement parce que la personne du Christ est au centre de l'expérience des Pères du Concile. Tout découle de Lui, tout part de Lui, tout est centré sur Lui. Qu'il s'agisse de la Révélation de Dieu, de l'Eglise, de l'Eglise dans sa relation au monde et de la liturgie, c'est toujours le Christ dans sa relation au Père et à l'Esprit Saint qui donne le ton, l'impulsion, l'orientation des documents du Concile.
Mais revenons à l'Evangile d'aujourd'hui. Jésus provoque les disciples à le reconnaître pour celui qu'il est vraiment. Ménageant les transitions, il commence par les interroger: pour les gens, pour l'opinion courante, qui suis-je ? Ils répondent : pour certains tu es Jean-Baptiste lui qui est encore bien dans les mémoires et dont Hérode disait : « Ce Jean que j'ai fait décapiter, c'est lui qui est ressuscité ». D'autres disent que tu es Elie, le grand Elie qui allait revenir à la fin des temps précéder le Messie. D'autres encore disent que tu es un prophète. En résumé, dans l'opinion courante, Jésus est reconnu comme un homme sortant du commun, et, religieusement parlant, un des plus grands. Encore aujourd'hui, Jésus est reconnu par les gens comme un des grands hommes de l'humanité. Mais Jésus ne veut pas s'identifier à ces opinions.
Chers parents, lorsque vos enfants, vos adolescents, vos jeunes vous questionnent sur Jésus, sur le Christ, que répondez-vous? Et d'une façon plus large, pour vous-mêmes, que dites-vous du Christ? Quelle est sa place dans votre cheminement personnel ? Est-il bien au centre, au cœur de toute votre recherche ? Est-il bien cet ami, ce compagnon de route qui traverse avec vous vos joies et vos peines ? Est-il bien cette Parole vivante que vous écoutez lorsque vous scrutez les Ecritures saintes? Est-il bien l'Envoyé de Dieu, le Messie, le Fils de Dieu ? A moins qu'il ne soit qu'un homme bien sympathique, un homme ordinaire qui défend des valeurs, une éthique ?
Revenons encore à l'Evangile d'aujourd'hui. A nouveau, Jésus interroge ses disciples. Vous m'avez donné l'opinion des gens, très bien. Mais ce que je veux savoir, c'est ce que vous, vous pensez. Je ne vous demande pas votre opinion, mais votre conviction. Non pas ce que les livres vous disent, ce que les textes du Concile vous disent, mais je veux savoir ce que je suis réellement dans votre vie. Et voilà que Pierre prend la parole, le moment est important. Sur l'arrière-fond des personnages d'abord cités, la proclamation de Pierre, comme un trais de lumière, détache le Christ de la foi : Tu es le Messie, tu es l'oint, l'envoyé, le Christ.
Dans cette proclamation de Pierre, celui qui a autorité sur les démons, qui commande à la maladie et au péché, l'époux messianique, le maître du sabbat, plus fort que le prince des démons, qui commande aux flots, le caché et le refusé, le pain de vie, voilà que Pierre en proclame le titre unique et qui les résume tous en les parachevant : Tu es le Messie, celui que Dieu a oint, envoyé pour libérer son peuple.
Et voici que Jésus, pour la première fois leur enseigna qu'il fallait que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté, tué et que, trois jours après, il ressuscite. Il n'y a plus d'ambiguité, Jésus est un messie qui sera tué. Ici, Jésus n'annonce pas seulement sa mort, il en donne le sens, il meurt, il ressuscité pour nous libérer.
Chers parents, acceptez-vous de parler à vos enfants d'un tel Messie ? Les disciples, pas plus que les gens ne sont prêts à accepter ce genre de Messie. Ils sont déçus, affolés. Pierre va jusqu'à lui faire de vifs reproches. La réponse de Jésus est cinglante : Passe derrière moi Satan ! Tu viens avec les mêmes propositions par lesquelles Satan m'avait déjà tenté au désert. Tes pensées sont bien trop humaines, elles ne sont pas celles de Dieu. Et voilà que Jésus nous dit : Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il se renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. Qui n'entend pas ces paroles sans frémir ?
Mais il n'y a pas d'autre chemin pour réussir ma vie. Vouloir la sauver égoïstement, c'est assurément la perdre. Mais la perdre dans l'oubli de soi, à la suite du Christ, c'est le seul moyen de la sauver.
Pour terminer, chers parents, j'aimerais vous offrir une boussole pour suivre le Christ, plus que jamais.
Au nord, chercher Dieu dans les Ecritures, Bible en mains, lisez et écoutez.
A l'ouest, vivez en Eglise, créant des espaces de communion et de collégialité.
A l'est, faites goûter des saveurs de l'Evangile pour changer la face du monde.
Au sud, célébrer le Christ que vous avez rencontré dans les Ecritures, en Eglise, dans le monde.
Avec cette boussole, vous ne serez pas emprunté pour vivre et parler du Christ, pour en être ses témoins, et ainsi, vivre les intuitions fondamentales du Concile.


Dimanche, clôture. « Partout une saveur d'Evangile ».
 

Au terme de notre parcours, à la découverte des intuitions fondamentales du Concile Vatican II, cette page de l'Evangile m'offre l'occasion de laisser raisonner en vos cœurs la question même de Jésus, celle que les disciples ont reçu avec un certain étonnement : « Pour vous, qui suis-je ? »
En d'autres mots, dans votre parcours de vie chrétienne, que dites-vous du Christ ? Quelle est sa place dans votre cheminement personnel ? Est-il bien au centre, au cœur de toute votre recherche ? Est-il bien cet ami, ce compagnon de route ? Est-il bien cette Parole vivante que vous écoutez et à laquelle vous adhérez ? Est-il cette source à laquelle vous puisez pour donner du sens à votre vie ? Est-il bien l'Envoyé de Dieu, le Messie, le Fils de Dieu ? À moins qu'il ne soit qu'un homme bien sympathique, un homme ordinaire qui défend des valeurs, une éthique ?
Et si on avait posé la même question aux Pères du Concile ? « Vous ? Pères du Concile, que dites-vous du Christ ? » En traversant les 4 documents fondamentaux du Concile, j'ai découvert la réponse des Pères. La voici.
Quand les Pères du Concile parlent du Christ, ils parlent du Christ dans sa relation à Dieu le Père : alors, ils disent qu'il est l'envoyé, le Fils, le Ressuscité, le Glorifié.
Quand ils parlent du Christ, les Pères parlent du Christ dans sa relation avec le Saint Esprit : le Christ agit par la puissance de l'Esprit dans les hommes.
Quand ils parlent du Christ, les Pères parlent du Christ dans sa relation à l'Eglise : il est le fondateur, Celui qui envoie son Eglise dans le monde, il est principe d'unité, de vie et d'action, il est le Maître et le modèle de vie pour l'Eglise, il est le Sauveur et la lumière du monde par son Eglise.
Enfin, quand ils parlent du Christ, ils en parlent dans sa relation à l'humanité et au monde : le Christ et le mystère de l'homme, le Christ dans la solidarité de la communauté humaine, le Christ et les valeurs de la communauté humaine dans le monde, le salut et l'unité du monde.
Bref, tant de mots et d'expressions, glanées ici et là dans les textes du concile pour dire que le Christ est vraiment la Lumière du monde, le Sauveur de l'humanité. Autant de mots, autant de visages pour dire le Christ dans toute sa richesse. D'où cet appel qui trace le cheminement que nous avons vécu cette semaine, « Suivez le Christ... plus que jamais ... Il est la route que le Concile propose aux hommes de ce temps ».
Très concrètement, je vous propose maintenant, dans la dynamique des quatre textes fondateurs du Concile et pour les reprendre d'une certaine manière, je vous propose, à défaut d'un ascenseur, une boussole. J'aimerais que vous l'emportiez avec vous. Elle vous aidera à vivre du Christ dans votre histoire personnelle et dans votre histoire ecclésiale. Elle vous permettra tout simplement de vivre les intuitions du Concile.
Au nord, je vous invite à prendre en main la Bible, les Ecritures saintes, la Parole de Dieu. La prendre en main, l'ouvrir, la lire, la murmurer, la prier et la vivre. Je vous invite à chercher comment Dieu se révèle, comment il se dévoile, comment il vient à vous, comment il s'approche pour engager avec vous un dialogue confiant, tout en vous laissant surprendre par des invitations, des étonnements, des stupeurs, des moments de bonheur ou de tristesse.
N'ayez pas peur de lire et de relire, d'écouter, à temps et à contre temps, la Révélation de Dieu pour que cette Parole Vivante imprègne en vous un esprit et qu'elle vous donne de goûter les saveurs de l'Evangile. Que vous deveniez ainsi ce que vous accueillez.
La constitution sur la Révélation s'achève en rappelant l'importance de la sainte Ecriture dans la vie de l'Eglise : « La force et la puissance que recèle la Parole de Dieu sont si grandes qu'elles constituent, pour l'Eglise, son point d'appui et sa vigueur et, pour les enfants de l'Eglise, la force de leur foi, la nourriture de leur âme, la source pure et permanente de leur vie spirituelle ».
A l'ouest de ma boussole, je vous invite à faire Eglise, à susciter des espaces de communion et de collégialité, des lieux où ensemble, laïcs et ministres, vous scruter les Ecritures, vous engagez des solidarités, vous vivez la charité fraternelle. Dans le respect des tâches de chacun, aimez-vous les uns les autres. On dira alors de vous, regardez comme ils s'aiment. L'amour partagé et vécu dans un esprit de communion, est le signe que tant d'hommes et de femmes attendent.
L'Eglise a traversé toutes les turbulences de l'histoire pour être aujourd'hui, par nous, un signe stable d'espérance pour le monde. Nous connaissons bien les paroles de Jésus : « Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette Pierre je bâtirai mon Eglise, et la Puissance de la mort n'aura pas de force contre elle ». Mais quand l'Eglise aura tendance à s'endormir, n'hésitez pas, réveillez-là.
A l'est de ma boussole, je vous invite à rejoindre le monde pour lui insuffler les saveurs de l'Evangile. Nourris de la Parole de Dieu, portés par un esprit de communion et de collégialité, contemplez ce monde comme les Pères du Concile l'ont fait. Certes, en 50 ans, les situations humaines ont changé, mais les saveurs de l'Evangile n'ont pas changé.
L'Eglise, par le message de l'Evangile qu'elle transmet et par sa présence visible dans le monde, poursuit l'œuvre que le Christ lui a confiée : donner accès à Dieu et permettre de véritables transformations intérieures et publiques, en étant au service du bien commun, de l'amour, de la justice et de la paix. Si l'Eglise est une structure parmi d'autres dans le monde de ce temps, elle a cependant conscience d'avoir une responsabilité spirituelle et morale spécifique. Le Christ ne cesse de l'envoyer en mission, et cette mission prend en compte les questions essentielles relevant du sens de l'existence, du développement et de l'avenir de l'humanité. L'Eglise est totalement inscrite dans le monde, comme le Christ l'a été.
L'Evangile qui guide nos pas est, aujourd'hui, un puissant ferment de liberté, d'amour et d'espérance. Il l'est par notre foi en Dieu, par la présence du Ressuscité et le souffle de l'Esprit.
Et maintenant, au sud de ma boussole, éclairés par la Révélation, vivant en Eglise, au service du monde, vient le temps de la célébration, de la liturgie, le temps du ressourcement, du recentrement. Le temps pour vivre un moment de communion avec le Christ, Lui qui se donne à nous pour nous conduire sur les chemins de la vie éternelle.
Je cite le Concile : « La liturgie est le sommet auquel tend l'action de l'Eglise, et en même temps la source d'où découle toute sa vertu. Car les labeurs apostoliques visent à ce que tous, devenus enfants de Dieu par la foi et le baptême, se rassemblent, louent Dieu au milieu de l'Eglise, participent au sacrifice et mangent la cène du Seigneur. C'est donc de la liturgie, et principalement de l'Eucharistie, comme d'une source, que la grâce découle en nous et qu'on obtient avec le maximum d'efficacité cette sanctification des hommes dans le Christ, et cette glorification de Dieu, que recherchent, comme leur fin, toutes les œuvres de l'Eglise ».
Je termine. En vous invitant, toute cette semaine, à suivre le Christ plus que jamais, en s'inspirant des textes fondamentaux du Concile, je ne peux que souhaiter que vous deveniez des prophètes de la confiance et de l'espérance. Le monde attend le message de l'Evangile, annoncé par une Eglise vivante et ouverte au monde.