Semaine de 2002
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SEMAINE DU VORBOURG
8 AU 15 SEPTEMBRE 2002

Marie, cadeau de Dieu à la terre et cadeau de la terre à Dieu

Prédicateur :
Père Jean Didierlaurent, cssr

(messes de 8h30, 10 h et 20 h)

ses prédications des fêtes de 1998

 

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Image de la Vierge peinte par
St Alphonse

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Le site des Rédemptoristes

Sur notre site:

Vie de Saint Alphonse de Liguori par l'abbé Bernard, Paris 1869.

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St Alphonse de Liguori

Prédicateur pour le jeudi (allemand): Pfarrer Walter Meier, Zwingen (messes de 10 h et 20 h)

Du Lundi au Samedi, le matin messes à 5 h 30, 6 h 30, 7 h 30, 8 h 30 et 10 h.

Dimanche 8 septembre  : Prédication 16 h Célébration d'ouverture
Lundi 9 septembre : Prédication 20 h Secteur Saint-Germain: paroisse de Courroux
Mardi 10 septembre : Prédication 20 h Secteur Saints Pierre et Paul: paroisse de Delémont
Mercredi 11 septembre : Prédication 15 h Bénédiction des petits enfants ; 20 h Secteur Saint-Hubert: paroisse de Bassecourt
Jeudi 12 septembre : Prédication 10 h Dekanat Laufental ; 20 h Singmesse
Vendredi 13 septembre : Prédication 20 h Ajoie, Clos-du-Doubs: paroisse de Bure
Samedi 14 septembre : Prédication 10h Franches-Montagnes, Doyenné de Moutier - St-Imier - Bienne: paroisse de Moutier
Dimanche 15 septembre : Lettre des évêques pour le jeûne fédéral ; Prédication 15 h Célébration de clôture de la semaine

Confessions: Au Vorbourg: Dès 7 h chaque matin et le soir dès 19 h.
A Montcroix: Le matin de 7 h à 10 h et l'après-midi de 16 h 30 à 18 h 30

 

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Dimanche 8 septembre : ouverture

Frères et sœurs dans le Christ,

Votre démarche de cet après-midi s'inscrit très bien dans la fête du Peuple Jurassien car ce pèlerinage à Notre-Dame du Vorbourg fait partie de votre histoire déjà depuis longtemps, on vient de nous le rappeler (133 ans). L'identité d'une personne, ça se manifeste par des fêtes, des rassemblements, des anniversaires,mais surtout par des démarches d'amitié, de foi et par l'affirmation de valeur que nous avons dans le cœur et que nous ne tenons pas à voir s'écrouler. Vous êtes là en votre nom personnel, mais aussi au nom du Jura tout entier, peut-être même d'ailleurs.
Il se trouve qu'aujourd'hui, c'est la fête de la Nativité de la Sainte Vierge. On dirait en bon français, c'est son anniversaire. Ceci étant, ne m'en demandez pas davantage, on ne sait pas du tout quels sont les détails de la vie de Marie, en ce sens que les Évangiles, vous le savez pertinemment, ne sont jamais une biographie, ni de Marie, ni de Joseph, ni même de Jésus. Alors, bon anniversaire sainte Vierge, elle se contentera de ce souhait.
Quand au texte, nous avons choisi cet Évangile de saint Matthieu qui nous parle de l'origine de Jésus-Christ. On nous dit que Jésus a eu deux noms. Le premier Jésus, les hébreux diraient Iéshoua, ça veut dire le Seigneur sauve, et puis on nous dit tout de suite après, on lui donnera le nom, en fait le surnom qui eut dire "Dieu avec nous".
Avec l'aide de quelques spécialistes, je me suis demandé quelle était la signification profonde du prénom Marie, Myriam. Et là, j'ai eu une immense surprise. Une interprétation communément admise est la suivante : le mot signifierait : " Celle dont l'amertume est aussi grande que l'océan ". Vous ne vous en doutiez pas, n'est-ce pas ? Une amertume aussi grande que l'océan. Voilà qui explique peut-être un petit peu cette prophétie au moment de la présentation de l'enfant au Temple : " Un jour, un glaive de douleur te transpercera le cœur. "
Ceci simplement pour affirmer que la vie de Marie dont nous ne connaissons pratiquement rien, n'a pas été une partie de plaisir. Ce fut une aventure, une aventure désirée par le Seigneur, et acceptée par cette jeune fille d'Israël.
L'évangéliste saint Matthieu, d'ailleurs saint Luc aura un peu le même raisonnement, nous laisse entendre que Joseph, sachant que Marie était enceinte alors qu'ils n'étaient pas encore marié, avait pu douter d'elle et de sa fidélité de fiancée.
Cette interprétation n'est pas le fait de tous les auteurs, heureusement, parce que, je vous avoue, elle ne me plaît pas beaucoup. Ca semblerait mettre un doute au milieu de la tendresse entre Marie et Joseph… Et puis le saint-Esprit au milieu de tout ça, jouerait un rôle qui ne me plaît guère. Je préfère de loin l'interprétation que certains auteurs ont pu reprendre, et en particulier, un penseur valaisan qui vient de mourir, un de mes confrères, le Père Théodule Rey-Mermet et qui disait ceci dans son livre : " Croire ". " Joseph averti par Marie elle-même qu'elle attendait un enfant de Dieu, s'est dit : Je ne serai pas capable moi, d'assumer l'éducation de cet envoyé du Seigneur. Je ne puis qu'un petit ouvrier de village, alors je m'en vais la libérer de son contrat de fiançailles… Elle épousera quelqu'un de plus qualifié, évidemment un prêtre. Et puis comme ça cet enfant pourra être élevé comme il faut. Et le Seigneur Dieu avertit Joseph dans son sommeil qu'il pouvait assumer cette paternité " Ce qui ne veut pas dire d'ailleurs que tous les rêves sont paroles de Dieu, bien sûr.
Et voilà que Joseph a adopté ce petit. Et quand je parle de Marie, c'est toujours en lui associant Joseph, son époux qui a écula même aventure que son épouse.

Le titre de notre semaine : Marie cadeau de Dieu à la terre, et cadeau de la terre, à Dieu. Vous remarquerez que nous sommes en pleine Alliance. Quand il y a alliance entre deux êtres, on se fait des cadeaux et quand on fait des cadeaux à quelqu'un, c'est se donner soi-même, sous la forme d'un objet, sous la forme d'une fleur. Or, pour ma part, sur ce plan-là, je n'ai pas été très bien élevé. Ca n'est la faute de personne, c'était dans la culture du temps. Car il y a un mot, vous savez, pour dire le cadeau et le don de Dieu. C'est le mot, je n'ose pas l'employer, je le dis quand même… Pendant toute la semaine, j'en parlerai, c'est le mot de sacrifice… Ca évoque quoi dans votre esprit le mot de sacrifice ? Quand j'étais petit, je faisais partie de la croisade eucharistique. Il y en a peut-être ici également qui en ont fait partie… Et on me donnait à la messe le dimanche une grande feuille de papier avec des cadres et je devais cocher à chaque fois que dans la semaine je faisais un sacrifice pour Jésus. Je mettais mon point d'honneur à remplir pour le dimanche ma page complètement pleine. Ce sont des tonnes de bonbons dont je me suis privé pour la plus gloire de Dieu (applaudissements). Il y en a qui applaudissent (rires). Je ferais simplement remarquer quelque chose, c'est que le sacrifice, c'était de la souffrance. Et je me suis dit instinctivement : plus je souffre, plus Jésus est content. Et bien,ce n'est pas vrai du tout, car le mot sacrifice, coupez-le e deux et vous verrez que ça signifie faire du sacré. Où est la souffrance là-dedans ?
Faire du sacré, c'est prendre quelque chose de chez nous, pour en faire un instrument de communion. Quand un homme offre une fleur à son épouse, il prend du profane, quelque chose de chez nous, quelque chose qui n'aurait aucune valeur si on ne l'attendait pas au tournant. Il prend cette fleur, il l'offre à son épouse, il en fait un instrument de communion, il en fait du sacré et il n'y a pas de souffrance là-dedans, pas même pour le porte-monnaie…
Faire du sacré, c'est faire cadeau, c'est faire offrande. Je me contenterai de ça aujourd'hui, Marie sacrifice de Dieu pour la terre, Marie, sacrifice de la terre à Dieu, offrande sacrée pour la gloire du Seigneur et pour notre édification en tant que Peuple. Retenez une seule chose. Pendant cette semaine, quels que soient les textes que nous allons méditer, nous ne dirons qu'une seule chose : Marie est le prototype de l'humanité pleinement réussie en compagnie de son Fils, mais Marie elle est d'abord de notre terre. Elle est maintenant au ciel sans quitter notre terre. Elle est le seul moyen avec Jésus, qui est encore à notre disposition pour lui dire l'Alliance éternelle. Dès demain lundi, nous méditerons sur le fait de l'Annonciation et nous verrons à quel point le rôle de Marie pour la nouvelle et éternelle Alliance et encore plus important que celui d'Abraham qui comme chacun le sait est le père des croyants. Si Abraham est le père des croyants, à plus forte raison Marie est la mère des croyants.
Nous qui sommes ici, ceux qui n'y sont pas, ceux qui n'y pensent pas, attendent quelque chose de la vie et ont au cœur une espérance. A chacun, chacune d'entre vous, selon votre disponibilité, nous souhaitons une très belle semaine de prière, de méditation, et pourquoi pas, de changement de vie.
Notre semaine est marquée par le rappel de certains événements, vous le savez, et quand on écoute la radio, la télévision, on sent qu'il y a une sorte de peur intense dans l'opinion mondiale. Sans doute, cet anniversaire du 11 septembre... On va essayer, vous et moi, sans vraiment nous mettre dans une bulle hermétique au bruit du monde, de dire qu'il y a une autre façon de fêter un anniversaire que le ressentiment, c'est l'offrande de nous-même, la bonne volonté, la réconciliation, c'est l'amour fraternel. Amen !

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Lundi 9 septembre : "Annonciaton" Je suis la servante du Seigneur : Le cadeau de la terre à Dieu.

Matthieu 1, 1.18-23

Frères et sœurs,

La première lecture nous parle d'un enfant qui est appelé pendant son sommeil. Il croit qu'il est appelé par son maître Elie. Et le petit Samuel se lève rapidement : " Qu'est-ce que tu me demandes ? " Or, c'est le Seigneur qui appelle cet enfant. Je remarquerais cependant que les appels du Seigneur se manifestent souvent, plus souvent, par des appels humains. Ce sont des rencontres humaines, pratiquement toujours, qui nous font découvrir l'appel du Seigneur. Regardons chacun notre propre itinéraire, les instants où nous avons fait le choix d'une existence, mariage, vie religieuse, etc… C'est toujours ou presque toujours par l'appel d'hommes et de femmes qui sont devenus pour nous les appels du Seigneur. J'appartiens à la Congrégation des Rédemptoristes, je suis rentré chez eux à l'âge de 9 ans et demi… 9 ans et demi… Mon Dieu ! Je ne savais pas bien ce que je faisais, j'étais comme Samuel.
Pourquoi est-ce que je suis rentré chez eux ? Parce qu'il y avait un missionnaire, il n'était pas capucin, il était rédemptoriste. Et puis ce qu'il a fait m'a plus et puis je suis rentré chez eux, et j'y suis toujours. Ce sont des rencontres humaines qui nous font comprendre l'appel du Seigneur. Regardez votre vie d'époux, d'épouse, je ne sais pas : Qui est-ce qui a décidé chez vous ? C'est le Seigneur, mais par la médiation, comme on dit, de quelqu'un d'autre. Pour le cas de la Vierge Marie, dans cet Évangile de l'Annonciation, c'est le Seigneur qui est venu parler à cette jeune fille. Vous savez que c'est un événement absolument intraduisible. Allez dire une expérience de cet ordre. Or, saint Luc y réussit. C'est peut-être pour ça qu'on en a fait le patron des peintres. Il fait un superbe tableau avec quelque chose qui est indicible.
Or, qu'est-ce que c'est cette Annonciation. L'initiative en revient au Seigneur, comme d'ailleurs la première initiative avec notre Père dans la foi, Abraham. C'est donc le Seigneur a priori qui a le désir profond de faire un cadeau à la terre. Le Seigneur a un plan d'amour, il a un dessein d'amour. Nous, on appelle ça la volonté de Dieu.
J'en discutais avec un de mes confrères qui est mort récemment. Il disait : " Le mot volonté de Dieu n'est pas toujours très heureux et souvent mal compris, parce que ça semble être de l'imposition. " C'est ma volonté que… Alors, il disait : " quand on prononce le mot de volonté de Dieu, il faudrait traduire : désir d'amour, proposition d'amour. "
Le Seigneur n'impose jamais rien, il propose. Il est là devant nous avec un dessein d'amour et il est venu trouver Marie. Pourquoi elle ? Parce que Marie dans sa vie personnelle correspondait au plus haut point à l'idée que le Seigneur se faisait de ces créatures. Il est venu lui demander si elle acceptai d'être la maman du sauveur. Marie entend bien le message. Et puis elle discute, ce qui est normal. Quand on fait le choix d'une vie, on discute. Comment ces choses se feront-elles ? Je ne suis pas encore mariée avec Joseph. Et le Seigneur lui dit : Ne t'inquiète pas, Marie, ça s'arrangera bien…
L'amour du Seigneur ne connaît pas de barrière. Et Marie a terminé en disant : " Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole. " Et voilà comment devant le désir d'amour du Seigneur de faire cadeau à la terre d'un Sauveur, voilà que correspond le cadeau de la terre à Dieu. Marie, la plus belle créature que nous ayons à lui présenter lui dit : " Eh bien, c'est possible, tu pourras faire ce cadeau à la terre, parce que moi j'accepte de te faire cadeau de moi-même. " Et Marie est devenue la maman du Sauveur. Je ferais remarquer que ces mots : " Je suis la servante du Seigneur" , trouveront leur écho longtemps après, trente-trois ans plus tard, quand Jésus sachant qu'il allait mourir a pris un linge et se l'est mis à la ceinture, et qu'il a commencé à laver les pieds des Apôtres.
Quand on sait qu'on va mourir, en général, on fait son testament. Et quand on sait qu'on va mourir très vite, on va aux choses essentielles, on ne s'arrête pas à de petits détails. Figurez-vous que le testament de Jésus, en deux temps, ce fut l'Eucharistie du Jeudi-Saint et le lavement des pieds.
Est-ce que Jésus perdait son temps à laver les pieds des apôtres ? Oh ! ils l'ont cru un moment. Jésus leur disait : Vous ne comprenez pas ce que je fais. Plus tard, vous le comprendrez.
Il voulait leur dire par là qu'il était le serviteur du Peuple de Dieu et que nous aussi nous devons nous faire les servantes et les serviteurs de nos frères et de nos sœurs, car c'est quand même la seule manière de servir Dieu.
" Je suis la servante du Seigneur. " Voilà que Marie, la première, nous a laissé ce message que Jésus donnera à toute la communauté chrétienne, soyez les serviteurs les uns des autres.
Ceci nous amène bien entendu, à la conception de Dieu tout-puissant. Dieu tout-puissant, cela ne veut pas dire : celui qui ne fait que commander et qui décide de tout. Oh ! je sais bien que notre vocabulaire continue à dire ça. Quand quelqu'un meurt, on dit : c'était son heure. Il (le Seigneur) a fait ça pour dire ça n'était pas son heure. Ca peut donner l'impression que le Seigneur fixe l'heure. Non… Non… le Seigneur s'occupe des cœurs, il s'occupe des libertés, il s'occupe d'aujourd'hui. Le Seigneur ne commande pas. Il est l'amour. Il propose de l'amour. Il revient à notre liberté de dire oui ou de dire non. Comme vient de le dire Ben Sirac : " Devant toi il a mis le feu et l'eau (éléments contradictoires). Selon ton désir, étends la main " L'auteur ajoute : " Devant toi sont la vie et la mort. Je peux donner la vie, je peux donner la mort fais comme tu l'entends. " Toute proposition de Dieu vient toucher notre propre liberté. Nous ne sommes pas commandés, mais nous sommes aimés. Quand vous pensez de Dieu tout-puissant, quand on parle de Dieu tout-puissant, ça veut dire simplement que sa tendresse n'a pas de limite.

Merveilleux Évangile de l'Annonciation qui nous montre la rencontre dans une Alliance nouvelle et éternelle d'une jeune fille libre qui aurait pu dire non et qui a dit oui à un appel qui lui proposait d'être à l'origine de cette alliance nouvelle et éternelle. Que Marie ce matin, soit notre modèle et que tous nos actes aujourd'hui, toutes nos décisions les plus petites de la taille d'un cheveux, soient prises en fonction du royaume de Dieu et du désir profond du Seigneur. Amen.

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Mardi 10 septembre : "Visitaion" Marie, nouvelle Arche d'Alliance

Luc 1, 26-38

Frères et sœurs,

Cet Évangile de la Visitation suit bien évidemment dans la plus stricte logique, l'Évangile de l'Annonciation que nous avons médités hier. Car en effet, le Seigneur, en quelque sorte pour authentifier la réalité de la demande faite à Nazareth, a dit à Marie, voilà que ta cousine, celle que l'on croyait incapable de mettre un enfant au monde, attend elle aussi, un bébé. Et Marie, rapidement partit chez sa cousine Élisabeth, dans un village, semble-t-il qui se trouve au porte de Jérusalem, un village qui s'appelle Eïn-Karem. Sans doute, la cousine a été éberluée de voir arriver Marie : " Qui est-ce qui t'a renseignée ? " " Eh bien ! c'est le Seigneur ! " Et voilà que ces deux femmes, enceintes toutes les deux, dans les bras l'une de l'autre, chantent le chant du Magnificat, qui est en quelque sorte le concentré de l'espérance des pauvres du Seigneur. On trouve déjà le Magnificat, particulièrement dans le livre de Samuel, chez la prophétesse Anne. Marie reprend à son compte, ce chant, un chant révolutionnaire, au nom de l'amour, vous connaissez les paroles du Magnificat par cœur : " Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles. " Si ce n'est pas de la révolution, je ne sais pas ce que c'est. C'est tellement de la révolution qu'un dictateur d'Amérique latine a fait interdire le chant du Magnificat dans les églises, parce qu'il pensait qu'il pourrait donner de sottes idées à certains pauvres. Marie a entonné le Magnificat et le texte se termine en disant qu'elle resta trois mois chez sa cousine Elizabeth.
Mais pourquoi avoir pris comme première lecture, ce passage du deuxième livre de Samuel où il est question de l'arche de l'Alliance. J'ai désiré en effet que les deux textes, celui de la Visitation et ce passage de Samuel soient rapprochés et en le désirant, je pense avoir le même raisonnement que l'Évangéliste saint Luc. Alors permettez quelques petites explications techniques, mais qui ne sont pas très difficiles à comprendre.
Le Peuple d'Israël ne tenait debout dans la cohérence, que grâce à la présence de l'arche de l'Alliance. L'Arche de l'Alliance était un coffret en bois précieux recouvert d'un couvercle en or qu'on appelle le propitiatoire. Cette arche de l'Alliance contenait les tables de la Loi. Et ces tables de la Loi étaient quelque sorte protégée par deux monstres sacrés qu'on appelle les Kéroubims. On en a fait les chérubins, mais ils ont changé d'allure entre-temps. Ils sont mignons maintenant, mais ce sont des monstres sacrés. Alors, où se trouve Dieu ? La présence de Dieu ? Pas dans le coffre, on ne peut pas enfermer le Seigneur, mais Dieu se trouve dans le vide qui est délimité d'une part par le couvercle de l'Arche de l'Alliance et les deux monstres sacrés. Dieu est là, invisiblement et on ne se sépare pas de sa présence. Et le roi David a décidé de faire monter l'Arche de l'Alliance avec son armée vers Jérusalem… On fit " vers les montagnes de Judée. " Et bien, regardez l'écriture de l'évangéliste saint Luc. Il dit : " Marier partit en hâte pour monter dans les montagnes de Judée. " David rassembla l'élite de son armée pour faire monter l'Arche dans les montagnes de Judée ! " Tiens… ça se ressemble déjà. Vous avez raconté : " David s'écria : " Comment l'Arche du Seigneur pourrait-elle entrer chez moi ? " Elisabeth s'écria : " Comment la mère de mon Seigneur peut-elle entrer chez moi ? " C'est pratiquement du mot à mot. L'arche de l'Alliance dans le deuxième livre de Samuel, resta environ trois mois chez Obed. Marie resta trois mois chez sa cousine. Mais il est évident que saint Luc a écrit le récit de la Visitation dans un langage tel que tous ceux qui ont lu ce texte et qui connaissaient par cœur le deuxième livre de Samuel ont eu cette interprétation immédiate : Marie est la nouvelle Arche de l'Alliance. Ca n'est pas plus compliqué, il ne faut pas dire que c'est difficile à comprendre. Elle est la nouvelle Arche de l'Alliance. C'est quand même mieux que coffret à l'intérieur duquel il y a les tables de la Loi. Marie est elle-même celle qui porte la Loi Nouvelle, la Loi d'amour, puisqu'elle est enceinte de Jésus. Marie, nouvelle arche de l'Alliance, et voilà la continuité avec l'Annonciation. Quand le Seigneur lui a demandé si elle acceptait d'être la maman du Sauveur, Marie a dit : " Oui, qu'il me soit fait selon ta parole. " Elle est enceinte et c'est elle qui apporte la présence de Dieu aux hommes et aux femmes en commençant par sa cousine Elisabeth. Le récit de la Visitation est merveilleux parce qu'il nous montre Marie dans ce qu'elle a de plus missionnaire. Marie n'aime pas être vénérée pour elle-même, elle est celle qui apporte le Seigneur, qui montre le Seigneur. Et je suis toujours très heureux de voir des statues où des images où Marie nous présente son enfant. C'est le cas pour cette chapelle du Vorbourg. Marie est une femme, elle n'est pas une déesse, mais c'est une femme qui a un rôle primordial.
Abraham avait commencé lui aussi de faire naître l'Alliance avec le Seigneur. Mais voilà que Marie fonde avec Dieu notre Père une Alliance nouvelle et éternelle.
Une dernière chose. On parle toujours de la tendresse d'une mère, de la tendresse féminine. Ca n'est pas toujours gentil pour les messieurs, mais enfin c'est comme ça. Je pense que les hommes aussi sont capables de tendresse. Mais il ne faudrait pas s'imaginer que Marie incarne la tendresse de Dieu. Non, Dieu est toute tendresse. Marie est le reflet chez nous de la tendresse de Dieu, mais la tendresse de Dieu, elle existe, et elle existe depuis toujours. Vous connaissez par cœur, bien entendu ce qu'on appelle les béatitudes et il y a une béatitude que je voudrais faire ressortir. Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde. Et bien, nous bénéficions depuis quelques temps, d'une nouvelle tradition de ces béatitudes. D'ailleurs ce sont les textes de l'Ancien et du Nouveau Testament, cette tradition est due à un Juif, à un certain Monsieur Chouraki. Il est toujours Juif, il a été adjoint au maire de Jérusalem, et il a traduit le Nouveau Testament avec une énorme honnêteté intellectuelle, mais aussi avec une grande compétence littéraire, car il connaît par cœur et l'hébreux et l'araméen populaire. Et voici la tradition qu'il nous propose . Il ne dit pas : " Heureux les miséricordieux ". Dans le fond, on ne sait pas trop ce que ça veut dire. Mais il dit : " En marche… " Alors là, ne sautez pas au plafond, parce qu'il emploie un mot… parce que le mot français n'existe pas, il dit : " En marche les matriciels… " Vous avez entendu : " Matriciels "… Pourquoi ce mot ? Parce que tout simplement ce mot, dans la mentalité juive, c'est la tendresse d'une mère pur l'enfant qu'elle porte en elle. C'est le langage des entrailles d'une mère. Eh bien ! le Seigneur qui est autant mère que père, a pour vous et pour moi les sentiments d'une femme enceinte. Eh bien ! Marie est cette femme enceinte de Jésus qui apporte la miséricorde. Et elle vient nous dire, j'emploie le mot de Monsieur Chouraki, soyez matriciel comme le Seigneur l'est avec vous. Ayez pour vos frères et sœurs, les sentiments d'une femme enceinte, ce qui ne pense qu'à protéger,qui ne pense qu'à excuser, qui jamais ne se vante, qui fait confiance en l'avenir, qui essaye de donner à chacun les moyens de vivre mieux. Marie missionnaire. Marie, femme enceinte, venant saluer sa cousine, enceinte, elle aussi du petit Jean-Baptiste… Marie vient nous dire : " Ayez pour vos frères et sœurs, la miséricorde, l'amour maternel " … même quand on n'en a pas tellement envie. Marie missionnaire nous invite à être nous aussi les missionnaires de la tendresse de Dieu dans notre monde en ces temps a grandement besoin. Amen.

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Mercredi 11 septembre : "Présentation" Sacrifier = faire du sacré : Marie qui sacrifie.

Luc 2, 22-40

Frères et sœurs,

Parmi les prescriptions de la loi juive, il y avait un sacrifice obligatoire après la naissance du garçon premier-né. Dans le texte : " Quand arriva le jour fixé par la Loi de Moïse, pour la purification. " Il n'y a pas longtemps, on parlait encore de la fête de la Purification de Marie, tout comme chez moi, on parle encore des relevailles, après la naissance d'un enfant, comme si mettre au monde un bébé était un péché… Heureusement, les mentalités ont changé, on ne parle plus de la Purification de Marie, mais de la présentation de l'Enfant au Temple en insistant sur l'aspect sacrificiel. C'est le début de notre semaine du Vorbourg. Nous avons parlé du sacrifice, si vous avez entendu, vous aurez remarqué avec qu'elle insistance, j'ai essayé de dire que sacrifice, ça voulait dire : " Faire du sacré. " Pas d'abord, souffrir… Nous, on a tout mélangé. C'est notre éducation sans doute. Faire des sacrifices, c'est " souffrir " pour nous. Eh bien, faire sacrifice, c'est faire du sacré, c'est prendre quelque chose de chez nous, du profane, un sourire, une fleur, du pain, du vin, et en faire un instrument de communion pour la gloire de Dieu. C'est aussi prendre un cierge, une lumière, car vous savez que le jour comme vous savez, de la Purification, c'était aussi la fête de la Lumière à cause de cet évangile de saint Luc qui nous dit . " Lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d'Israël, ton Peuple. "
Faire du sacré, c'est prendre quelque chose de chez nous, pour en faire un instrument à la gloire de Dieu le Père. Alors du sacrifice, on vient d'en entendre parler pendant longtemps à propos du livre du prophète Isaïe. C'est le prophète Isaïe qui écrit de la part du Seigneur. Il est inspiré. Ne prenez pas les mots comme des mots prononcés par le Seigneur lui-même. C'est Isaïe, et il a mis un peu sa plume dans le vitriol, pour écrire ce texte-là. Vous avez entendu : " Les holocaustes de béliers la graisse des veaux, j'en suis rassasié ! Le sang des taureaux, des agneaux, des boucs, je n'en veux plus ! Qui donc vous a demandé d'encombrer les parvis ! etc… " Vous avez entendu tout ça. Et pourquoi est-ce que le Seigneur se fâche par l'intermédiaire du prophète Isaïe ? Parce que le cœur ne correspond pas à l'offrande des animaux que l'on vient présenter au Temple de Jérusalem. Le cœur n'y est pas ! Et comme dit un autre passage : " Ce cœur m'honore des lèvres, mais sa nuque est raide ! " Heureusement d'ailleurs, la lecture d'Isaïe se termine bien et très positivement. " Venez donc, et discutons dit le Seigneur ! " Vous vous rendez compte… Le Seigneur qui nous invite à discuter… " Si vos péchés sont comme l'écarlate, ils deviendront comme la neige ! " Donc, il y a moyen, par la conversion, par la réconciliation, de faire changer les cœurs et de faire que les sacrifices présentés au Temple, je dirais même dans nos églises, correspondent à la vérité de nos vies. Car, on pourrait dire : Oh ! je regarde le plafond en disant cela !... On pourrait dire des messes mensongères si le cœur n'y est pas ! Si dans la semaine on ne vit pas ce qu'on proclame le dimanche, on tombe sous les mêmes critiques que les Juifs au temps du prophète Isaïe.
Vous connaissez peut-être cette histoire paraît-il réelle. Pendant les vacances, un touriste s'ennuyait copieusement, ça arrive, parce qu'il était tout seul. Il avait laissé sa femme à la maison, je ne sais pour quel motif. Et il arrive devant une église à l'heure de la grand-messe. Il gare sa voiture et il se dit : " Tiens ! il y a 20 ans que je n'ai pas mis les pieds dans une église.. Je n'ai rien d'autre à faire, occupons notre temps… " Il entre dans l'église et là , c'est superbe ! Qu'est-ce que ça a changé. Il est accueilli par quelqu'un : " Bonjour, Messieurs, d'où venez-vous, soyez les bienvenus dans notre communauté, tenez prenez un livre, voilà une place, asseyez-vous ! " Et il va comme ça de surprise en surprise… Celui qui était assis à côté de lui, lui a donné une chaleureuse poignée de mains. " Ah ! comme ça a changé… Il va falloir que je m'y remette à la Messe du dimanche ! " … Il fallait quand même un bon coup de plumeau avant… Il est ressorti, il remonte dans sa voiture et distraitement, il s'est trompé dans ses vitesses. Il a enclenché la marche arrière au lieu d'enclencher la première. Il a touché la voiture qui était derrière lui ! Touché ! Pas abîmé ! Il na pas eu le temps de dire ouf ! La portière s'est ouverte depuis l'extérieur. Il a été agrippé, injurié et secoué comme un prunier ! Stupeur !Il a reconnu dans son agresseur le grand gaillard qui lui avait donné la poignée de mains à l'église… Je ne sais pas comment ça c'est terminé. Le touriste est reparti un peu triste, en se disant (écoutez bien ça) : " Décidément, il y a plus d'automobilistes dans les églises que de chrétiens dans les voitures… (rires). Voilà qui nous définit mieux que des tas de raisonnements la véritable valeur du sacrifice. Faire cadeau ! Et quand la Vierge Marie et Joseph ont offert en cadeau, le sacrifice prescrit, un couple de tourterelles, c'était leur propre personne qu'ils offraient. Et quand autrefois Abraham voulait offrir son fils Isaac, c'était sa propre personne qu'il voulait offrir ! Heureusement, le Seigneur a arrêté son bras. On a compris à partir de ce moment-là que le sacrifice humain n'était pas appréciable pour le Seigneur. On peut très bien prier Dieu et faire des sacrifices humains, c'est-à-dire tuer les gens dans l'inconscience la plus totale. Notre célébrant a rappelé l'anniversaire du 11 septembre. C'est vrai, c'est dur ! J'ajouterais qu'il y a d'autres formes de violence, tout aussi terrible et dont on ne parle pas ! Il est tout de même temps de la savoir. Et il n'est pas dit qu'aujourd'hui encore, des tas de violence se répercutent sur toute la terre, sans qu'il n'y ait aucun anniversaire et aucune protestation. Le cycle de la violence est quelque chose de terrible. Le talent d'une vie politique passe aussi par le dialogue économique. Toute violence faite à une personne humaine est une atteinte faite à la dignité de Dieu.
Puisse la Vierge Marie, dans la qualité exceptionnelle du sacrifice qu'elle a présenté, en offrant son enfant et en s'offrant elle-même, nous montrer que notre cœur doit toujours être prêt à s'offrir et si on n'a rien à donner, on peut au moins donner son temps, donner son attention, écouter l'autre, le prendre au sérieux.
Un de mes confrères me faisait remarquer malicieusement que nous avons une seule bouche et deux oreilles. C'est sans doute pour nous permettre d'écouter deux fois plus qu'on ne parle. Amen.

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Jeudi 12 septembre : "Qui est mère ?" Marie, mère et maîtresse de vie spirituelle

Traditionnellement, le jeudi est un jour de pause pour le prédicateur francophone. Homélie de la messe de 8h30 d'un gardien du Vorbourg

Matthieu 12, 46-50

Frères et soeurs,

Notre célébration d'aujourd'hui, vient nous rappeler que nous appartenons à une famille, et appelés à le devenir de plus en plus. Dieu nous offre ce cadeau, le plus beau cadeau du monde. Nous sommes tous appelés à être des soeurs, frères, mères du Christ.
Lorsqu'on appartient à une famille qui a des membres bien placés ou une histoire glorieuse, il y a au moins un tout petit endroit en nous dont la fierté n'est pas absente. Et l'idée pourrait nous effleurer d'en tirer des avantages.
Parfois dans certains milieux, on vous fait sentir que vous n'appartenez pas à leur catégorie de gens bien en place. Ils font les fiers et vous regardent de haut. Avec Marie et Jésus, dans la famille de Dieu, il n'en va pas ainsi pourtant c'est le plus grand titre d'honneur qui soit. En sommes-nous bien conscients? La première condition d'appartenance, c'est bien sûr notre baptême qui nous intègre à cette famille. Il est également nécessaire de vivre en baptisés. de faire ce que notre Père du ciel nous demande, qui n'est rien d'autre qu'aimer, mais aimer comme il nous le demande. Cela Marie va nous l'apprendre parce qu'elle nous a reçu comme Mère, elle est Mère de Dieu. Au pied de la croix, elle nous engendre aussi à la vie de Dieu, en tant que Mère. Son Fils en a fait notre Mère. Elle est la plus humble qui soit, la plus proche, mais elle est aussi une grande Dame. Ce n'est pas pour rien que nous l'appelons Notre-Dame. Son nom, couramment porté, semble signifier en araméen d'après ce qu'on nous dit : " Princesse ", ou " Dame ". Tout ce qu'elle a, elle vient le mettre à notre service. Elle ne regarde personne de haut. Apprendre à aimer c'est quelque chose de très difficile. Aimer engendre souvent des désillusions, cela peut faire mal et même très mal, surtout lorsqu'on a le sentiment d'être trahi ou abandonné par ceux de sa famille. Après tant d'années et de don de soi, il ne reste plus qu'une petite fête de famille ou petite carte postale en guise de remerciement, une fois l'an et encore…
Marie, durant cette semaine vient nous apprendre à aimer, à être nous-mêmes des cadeaux qu'elle puisse offrir de la part de Dieu. Elle n'est certainement pas très heureuse de voir la lettre que notre vicaire épiscopal a du écrire aux agents pastoraux pour constater le fait que nous devenions minoritaires en tant que chrétiens dans notre société. Ce n'est jamais très agréable lorsque dans une famille, certains membres oublient qu'ils y appartiennent et ne veulent plus ou ne peuvent plus se voir. Que voulez-vous avoir préparé pour Noël les plus beaux cadeaux et personne pour venir les chercher, on pourrait se poser bien des questions. Le plus beau cadeau que Marie nous fait de la part de Dieu et de la sienne, c'est pourtant Jésus qui est pour nous la vie éternelle. Même si vous avez très peu d'enthousiasme, ou d'ardeur à le recevoir, si vous ne présentez qu'une toute petite chaussure, un chausson de cette dimension-là, Marie va vous donner son enfant en cadeau. Le légitime propriétaire, prince ou princesse, peut revenir chercher son bien à l'occasion... à moins qu'on le cède au Musée Jurassien comme pièce témoin des fêtes du Vorbourg 2002. Evidemment, notre foi, nous ne pouvons la mettre au Musée. On ne peut mettre le Christ vivant derrière des vitrines.
Que faire dans cette situation de minoritaires? Il s'agit d'abord de refaire ses forces, de rassembler et d'appeler ceux qui veulent bien répondre, et de prier, de réapprendre à prier. Marie vient nous réapprendre à demander notre nourriture à notre Père. Marie veut nous apprendre à prier, à demander, comme les mamans le font auprès des enfants. Elle nous apprend à dire, s'il te plaît pour demander de bonnes choses, à notre Père. La nourriture que le Père nous donne, c'est Jésus, Dieu qui vient nous sauver. En lui, il a mis et nous donne tout son amour, Il vient nous apprendre à nous donner aussi et à aimer, c'est-à-dire, faire la volonté de son Père.
Prier, c'est tendre la main vers notre Père. Jean-Paul II, nous parlait de la prière dimanche dernier. Vous me permettrez de le citer longuement, non par facilité, mais parce que notre monde occidentale déboussolé, perdant le sens de sa dépendance envers Dieu, et donc son amour de Dieu, il est une des seules lumières à briller assez fort pour nous montrer le Christ et nous rappeler notre qualité d'enfants de Dieu. Ecoutons notre Père et Grand-Père ainsi que l'ont appelé les jeunes à Toronto : " Les paroles de Jésus "Si deux d'entre vous, sur la terre, unissent leur voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux" (Mt 18, 19) , accueillies avec foi, ouvrent le coeur à la confiance. Dieu est le Père miséricordieux, qui écoute l'appel de ses fils adoptifs.
Lorsque les croyants prient, ils touchent le coeur de Dieu, pour lequel rien n'est impossible. Pour cela, comme je l'ai écrit dans Novo millennio ineunte, il faut qu'ils se distinguent "dans l'art de la prière" (n. 32), afin que toutes les communautés chrétiennes deviennent d'"authentiques écoles de prière" (n. 33).
2. Malheureusement, nous assistons souvent à des épisodes et à des événements dramatiques, qui sèment dans l'opinion publique l'égarement et l'angoisse. L'homme moderne apparaît sûr de lui, et pourtant, en particulier dans des moments cruciaux, il doit se mesurer à son impuissance: il ressent l'incapacité à intervenir, et, par conséquent, il vit dans l'incertitude et dans la peur. C'est dans la prière récitée avec foi que réside le secret pour affronter, non seulement dans les situations d'urgence, mais jour après jour, les difficultés et les problèmes personnels et sociaux. Celui qui prie ne se décourage pas même devant les difficultés les plus graves, car il sent Dieu à ses côtés et trouve refuge, sérénité et paix entre ses bras paternels. En s'ouvrant avec confiance à Dieu, nous nous ouvrons avec une plus grande générosité au prochain; nous devenons capables de construire l'histoire selon le projet divin.
Très chers frères et soeurs, "il faut que l'éducation à la prière devienne en quelque sorte un point déterminant de tout programme pastoral" (ibid., n. 34). Il est très important de prier chaque jour, personnellement et en famille. Que prier, et prier en famille, représente le souffle quotidien des familles, des paroisses et de toute communauté.
"Bien chers frères et sœurs, que l'éducation à la prière devienne un élément déterminant de tout programme pastoral" (ibid. n.34). Il est très important de prier chaque jour, personnellement et en famille. Que la prière et la prière commune soit la respiration quotidienne des familles, des paroisses, de toute communauté".
Que Marie nous aide à comprendre la grande valeur de la prière, intime union de l'âme avec Dieu. Demandons à la Vierge Sainte d'ouvrir notre cœur à une plus ferme confiance dans le Seigneur, qui, en elle, servante humble et docile, a accompli de grandes merveilles!"

Mettons-nous à l'école de Marie pour demander au Seigneur la grâce de redevenir une église rayonnante de l'évangile ainsi que le souhaite notre Abbé Pierre.

Amen.

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Vendredi 13 septembre : "Les noces de Cana" Jésus et Marie : l'Eglise dans sa perfection.

Jean 2, 1-11

Nous sommes toujours, frères et sœurs, et depuis le début de notre semaine, dans le contexte de l'Alliance, le contexte de sacrifice, sacrifice, faire du sacré, faire un cadeau, prendre quelque chose de chez nous pour en faire un instrument pour la gloire de Dieu. Nous avons une première lecture très intéressante, la fameuse lettre aux Hébreux. On ne connaît pas l'auteur de cette lettre. On a cru pendant longtemps qu'il s'agissait de Saint Paul, mais l'analyse de l'écriture montre que c'est quelqu'un d'autre qui a écrit cette lettre. Mais peu importe, c'est un homme inspiré de Dieu et quel est son propos ? Il écrit aux fidèles de la communauté, de Rome, d'où son nom d'épître aux Hébreux. Il leur dit ceci : vous tenez à être fidèles au sacrifice prescrit par Moïse et la Loi, et c'est très bien, mais c'est à cause de cette fidélité, que vous refusez d'adhérer à la personne de Jésus. Car en adhérant à Jésus, vous pensez être infidèles aux sacrifices de l'Ancienne Loi. Alors moi, je voudrais vous dire, c'est le propos de cette lettre, que précisément la fidélité au sacrifice devrait vous amener à Jésus, car Jésus il a mené les sacrifices de l'Ancienne Loi à leur perfection, dans son corps, le sacrifice, dans le cadeau de sa propre vie.
Vous avez entendu : dans l'Ancienne Alliance, les prêtres étaient debout dans le Temple. Jésus au contraire, s'est assis pour toujours à la droite de Dieu, etc… Il faudrait relire, si vous avez un petit moment, cette lettre aux Hébreux, parce que je pense que vous avez tous un Nouveau Testament à la Maison ? Oui ! … Bien ! Il y en a qui quelque fois, l'ont mis un peu au-dessous de l'armoire ? Alors vous en ferez votre livre de chevet.
Et voici que l'Evangile de saint Jean sur les noces de Cana se dresse dans ce contexte. Il y avait un mariage et aussi la mère de Jésus était là. C'est elle qui était invitée… Probablement, c'était une de ses copines de Cana qui mariait sa fille, je n'en sais rien, alors elle lui dit : Tu viens au mariage. Marie a du lui dire : Oui, mais il y a mon garçon à la maison. - Et bien, amène-le… Oui, mais il a des tas de copains… Mais venez tous ! C'était en quelque sorte une noce de village. Puis ça se passe très bien, trop bien peut-être, puisque Marie qui a l'œil à tout, constate que le vin va manquer. Que faire ? Elle s'approche de Jésus et le lui dit à l'oreille. Elle sait pertinemment que Jésus ne peut rien faire, mais qu'il fera peut-être quelque chose quand même quelque chose… Enfin, je ne sais pas, il y a une telle confiance qui la porte vers son Fils qu'elle va lui dire : " Il n'y a plus de vin ! " Et la réponse de Jésus est un peu curieuse : " Femme ! Que me veux-tu ! " Bon, il a du dire maman comme tout le monde. " Mon heure n'est pas encore venue. " On le traduit généralement comme ceci : " Ecoute, ne viens pas m'ennuyer ! " L'évangéliste saint Jean a cette phrase pour situer précisément l'épisode de Cana à l'intérieur de l'atmosphère du sacrifice . " Mon heure n'est pas encore venue. " Nous ne comprenons cette phrase qu'à la lumière de l'autre phrase au moment de la passion : " Mon heure est venue. " Et voilà que l'Évangile devient un sacramentaire, sacrificiel, un Évangile Eucharistique.
Il nous réserve quelques surprises ce texte. Jésus effectivement va réagir, et il dit aux serviteurs de remplir d'eau les cuves qui étaient là. Le texte nous dit qu'il y avait six cuves, mais chacune de 600 litres. Donc, on a mis 600 litres d'eau dans les urnes, et Jésus à partir de cette eau a fait le vin, le vin pour la noce. Mais on comprend avec saint Jean le vin pour l'eucharistie, au point qu'il est précisé : aucun vin n'est bon à côté de celui-là. C'est le meilleur vin de la terre, parce qu'il s'agit du vin du ciel.
A partir de quoi est-ce que Jésus a fait ce vin ? A partir de l'eau qui normalement aurait du servir aux ablutions rituelles juives. Et nous voyons comment le sacrifice du Christ prend sa place sur la base des sacrifices de l'Ancienne Loi. Vous remarquerez bien tout à l'heure à l'offertoire que le prêtre va mettre de l'eau dans le vin. Oh pas beaucoup ! Un tout petit peu ! Savez-vous pourquoi on met de l'eau dans le vin à la messe ? Vous ne savez pas ? Eh bien, vous le saurez ! C'est à cause de cet Évangile des noces de Cana. On met cette goutte d'eau dans le vin pour signifier qu'en Jésus-Christ, sont compris les sacrifices de l'Ancienne Loi : l'eau … et les sacrifices des gens d'aujourd'hui qui ne fréquentent pas les églises, mais qui ont une énorme bonne volonté et qui font des merveilles pour leurs frères et sœurs, c'est tout ce dont il parlait… même nous… Cette eau, va se mélanger au vin qui va devenir le sang du Christ. Et l'eau aussi va devenir le sang du Christ. Et voilà que tous nos sacrifices, nos cadeaux, l'offrande de nous-mêmes deviennent l'unique cadeau, l'unique sacrifice du Seigneur Jésus.
C'est un évangile extraordinaire. Mais alors le rôle de Marie ? Eh bien ! Il déclenche tout ! " Ils n'on plus de vin." - Qu'est-ce qu'il va faire mon Fils ? Je n'en sais rien. " Ils n'ont plus de vin. " Et Jésus fait ce signe extraordinaire dont on nous dit qu'il fut le premier. C'est son premier miracle. Et il est dit aussi que ce miracle a déclenché la foi des Apôtres. Et nous voyons la place de Marie, femme comme les femmes, mais à une place particulière, la foi de Marie déclenche le miracle, lequel déclenche la foi des Apôtres. A cette place, inutile de faire des dessins pour savoir que Marie est toujours là quand naît la foi et quand se scelle l'Alliance Nouvelle et Éternelle.
Nous avons sans doute l'habitude de proposer l'Eucharistie au risque parfois de nous fatiguer quelque peu et de les vivre comme une routine. Mais vous savez, chers amis, on ne va pas à la Messe pour entendre la musique qu'on peut y entendre quand il y en a. S'il y en a et qu'elle est belle, tant mieux, réjouissons-nous ! Si ce n'est pas beau, ça ne fait rien, on y va quand même. On ne va pas à la messe pour la tête du curé ! Si la tête du curé nous revient, tant mieux ! Si elle ne nous revient pas, tant pis ! On est à la messe pour Jésus-Christ ! On est à la messe pour la gloire de Dieu le Père ! Car c'est le Seigneur qui travaille dans son Eucharistie. Il est quand même important que dans nos Eucharistie, il n'y ait pas que du sentiment, j'ai besoin comme vous qu'il y ait du sentiment, mais qu'il y ait d'abord la foi !
J'avais demandé un jour à une petite fille de 10 ans, au catéchisme, de nous dire ce qu'elle avait compris de la Messe. Elle a dit ceci : " Quand on vient à l'église, on apporte du pain et du vin. Ca ne vaut pas grand-chose, mais c'est tout ce qu'on a ! Jésus vient !Il prend notre pain et notre vin, il les arrange un peu ! " Ah oui ! il les arrange un peu (rires) ! Il en fait sa présence, et c'est lui, le prêtre qui comme dit la lettre aux Hébreux qui présente à son Père ce pain et ce vin. Et il n'y aurait pas de consécration, s'il n'y avait pas d'abord le pain et le vin de l'offertoire ! Nous sommes ici avec quelque chose dans les mains pour le Seigneur. Peut-être pas grand-chose, mais ça représente notre existence. Soyons fiers de participer à notre manière à l'unique sacrifice du Christ ! Amen !

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Samedi 14 septembre : "Fête de la croix glorieuse" : Assumer la souffrance et la mort : Marie debout au pied de la croix.

Jean 19, 25-37

Nous célébrons aujourd'hui, dans le calendrier liturgique, la fête de la croix glorieuse du Seigneur et c'est normalement demain la fête de Notre-dame des sept douleurs, 7, chiffre symbolique, ça veut dire Notre-Dame de toutes les douleurs. On va associer ces deux fêtes, bien entendu. Souffrance de Jésus, souffrance de Marie sa Mère et ainsi donc souffrance de Dieu le Père. Etendons-nous bien, la Croix n'est glorieuse qu'à cause de la Résurrection qui va suivre, car la Croix, ça n'est quand même qu'un instrument de supplice. Et si on s'arrêtait à la Croix, on ne serait pas sauvé. Au sens précis, c'est la Résurrection qui nous sauve. Mais la question est là, il n'est pas possible d'arriver à la Résurrection sans passer par la mort. La souffrance par elle-même, n'est qu'une aberration, un non-sens. Elle ne suscite que la révolte. Et on le sait très bien, il n'est pas possible de regarder la souffrance d'un être sans se poser la question, mais enfin, pourquoi ? Or, nous n'avons pas de réponse au problème du mal, comme disait Paul Claudel. La question de la souffrance d'un enfant innocent est une question tellement humaine que Dieu le Père n'a pas répondu par un raisonnement , mais par son Fils envoyé chez nous et qui a souffert. La souffrance est tellement horrible en elle-même, qu'il n'est pas finalement possible à chaud de parler de la souffrance à quelqu'un qui souffre beaucoup. Quand on est en présence dans un hôpital ou à la maison, de quelqu'un qui se tord de douleur, et bien il faut de taire. Toute parole serait irrespectueuse. On se tait, on lui prend la main pour lui faire comprendre que parce qu'il souffre, je souffre avec lui. Ca s'appelle la compassion d'après l'origine grecque, on dirait la sympathie mais le mot sympathie a pris un tout autre sens.
Il y a ici dans la lettre aux chrétiens de Philippe, une phrase qu'il nous faut bien comprendre. Jésus s'est fait obéissant jusqu'à mourir et à mourir sur une croix. On risquerait de comprendre que c'est Dieu le Père qui a voulu que son Fils souffre tellement et meure sur une croix. Mais enfin, c'est insensé de penser ça ! Comment voulez-vous que Dieu le Père ait voulu et programmé la souffrance de son enfant. Il serait un Père dénaturé !
Qui est-ce qui a voulu les souffrances du Christ et par voie de conséquence, les souffrances de Maire ? C'est la foule qui n'a pas accepté la prédication de Jésus sur la tendresse de Dieu. La foule qui n'a pas accepté ses idées sur la Toute-Puissance de Dieu ! Jésus est mort de sa prédication et encore aujourd'hui, il y a des prophètes modernes qui meurent à cause de leur mission. On en connaît ! Des chrétiens, des non-chrétiens… Martin Luther King, le pasteur protestant américain, Mgr Romero, tous les martyrs d'Asie, ils sont mort pour leur mission. Aujourd'hui encore, il y en a qui meurent pour leur mission. Et puis, ceux qui ne meurent pas d'un seul coup pour leur mission, ils sont appelés à mourir un petit peur tous les jours et ça n'est pas facile de mourir un petit peu tous les jours. C'est de la souffrance permanente. Saint Paul parle lui, de souffrance apostolique. Alors qu'instinctivement, quand nous souffrons, nous rendons Dieu responsable. C'est pratique, c'est le coupable idéal, il ne répond pas. La souffrance ne vient jamais de Dieu. Je sais bien que dans l'Ancien Testament, à maintes reprises, on nous dit : c'est le Seigneur qui envoie ceci pour éprouver. J'ai rencontré récemment une personne par ailleurs remarquablement pieuse qui disait : Il faut que le Bon Dieu m'aime beaucoup pour me faire souffrir comme ça ! Excusez-moi, c'est une drôle de façon d'aimer ! Ceci étant, Dieu le Père déteste la souffrance. Il ne nous impose pas la souffrance pour que nous puissions expier nos péchés, racheter nos dettes, payer une rançon. Un de mes confrères, un peu futé expliquait qu'il n'y avait que les crapules qui exigeaient une rançon. Les bandits… Est-ce qu'il demande même une rançon dans l'histoire de Jésus et de Marie ? C'est Dieu le Père qui l'a payée lui-même dans sa souffrance au prix de la vie de son Fils Jésus. Alors le Vendredi-Saint, Dieu le Père non-seulement n'a pas voulu la mort de son enfant, mais il s'est mis à souffrir. Oh ! j'ai étonné certains de mes confrères avec cette idée que Dieu pouvait souffrir. Mais il ne faut pas ici s'en étonner, je fais appel ici à votre expérience. La souffrance est liée à l'amour. On sait qu'on aime quelqu'un quand on commence à souffrir à cause de lui. Si je me trompe, vous me le direz à la sortie tout à l'heure.
O sait qu'on aime quelqu'un quand on commence à souffrir à cause de lui. Mais alors la souffrance pourquoi ? Ecoutez, je n'en sais rien, je n'ai pas de réponse à cette question, mais alors il y a une chose qui est sûre. Tout à l'heure, on l'a regardée cette croix, et je me dis : Mais voilà la preuve du caractère inconditionnel, total, absolu, de la tendresse du Père et du Fils pour nous. Il nous a aimés jusque là, jusqu'à affronter ces souffrances insensées. Et ce qui nous sauve, c'est la résurrection qui est née au cœur même de cette souffrance.
Et quand on fait un chemin de croix, n'oubliez pas la dernière station : la Résurrection ! Elle donne le sens de tout le cheminement.
Il nous arrive quelque fois en présence de quelqu'un qui souffre ou en regardant notre propre existence, de nous dire : Offrons nos souffrances à Dieu ! Vous le dites quelques fois ? Moi, je le dis. Mais j'ai tort de le die. Oh ! On voit ce que je veux dire. Mais a s'appelle du langage rapide. Vous savez ce que c'est du langage rapide ? C'est un langage que tout le monde comprend, mais qui est faux si on le prend à la lettre. Par exemple : le soleil se lève à 7 heures. Pour un pompier ( ?) il se lève à sept heures. Oui, mais il ne se lève jamais. C'est du langage rapide. Alors, on dit : Offrons nos souffrances à Dieu : On se comprend ! Mais pouvez-vous, pouvons-nous offrir à Dieu quelque chose qui lui déplaît ? L'idée vous vient d'offrir en cadeau à quelqu'un quelque chose qui lui déplaît ? Moi, à cette personne, je ne puis offrir tel type de fleur qui lui déplaît ? Alors, j'en choisis d'autres…Quand on fait un cadeau, il faut que ça plaise. Alors, offrons nos souffrances à Dieu ? Mais il déteste les souffrances bien plus que nous, la preuve, c'est que Jésus n'est jamais passé à côté d'une souffrance sans s'arrêter pour la supprimer. Vous savez tout ça en lisant l'Evangile. Alors, puis-je offrir mes souffrances à Dieu ? Et bien il me semble que ce langage est beaucoup trop rapide. Voici ce qu'il faudrait dire : A l'occasion de la souffrance : Ayez un surcroît d'amour ! A l'occasion d'une souffrance est née un surcroît d'amour. Eh bien ce que je puis offrir quand je souffre, c'est le surcroît d'amour qui est né au cœur de la souffrance. Je ne sais pas si je me suis fait comprendre.
Alors, je prends une comparaison. Mon père, c'était l'empereur des fabricants de la Mirabelle. Quand il recevait un ami, il lui offrait ce qu'il avait de plus précieux : un petit verre de Mirabelle, de la sienne, dont il était fier. Ca c'est un beau cadeau. Oui, mon Père offrait la Mirabelle, mais il n'offrait pas le feu. Et bien la souffrance, c'est le feu de la distillation. Si le feu de la distillation ne fait rien sortir au bout, pas d'amour supplémentaire, je n'ai rien à offrir. Vous me suivez ou pas ? Alors, au lieu de dire : Offrons nos souffrances, il faut dire offrons l'amour qui peut-être est né au cœur de la souffrance, offrons la maturation, parce que la souffrance à ce moment-là, elle ne sera pas perdue.
Marie était debout au pied de la croix, elle est devenue notre Mère à ce moment-là. Marie au pied de la croix a pu offrir l'amour incroyable qu'elle avait dans le cœur. C'est la souffrance qui a été à l'origine de cet amour. Oui, je connais des gens et vous en connaissez peut-être qui souffrent beaucoup et qui sont écrasés par leur souffrance. Et ils n'ont vraiment pas le sentiment qu'un amour supplémentaire a pu naître dans leur cœur. Et c'est là qu'ils ont besoin de l'aide fraternelle pour qu'ils comprennent que la souffrance peut être utile à la construction du Royaume de Dieu. Nous demandons les uns pour les autres, le courage, la lucidité, l'espérance. Il y a des jours où on n'a pas du tout envie de se réfugier dans les bras du Seigneur. Il y a des jours où je ne puis pas dire que ta volonté soit faite ! Ces jours-là, j'ai toujours la ressource de dire le " Je vous salue Marie ", en regardant cette femme qui est là, Notre-Dame du Vorbourg, mais qui est là aussi une piéta, Marie mère des douleurs. Amen !

 


Sur le sens de la souffrance humaine, on lira avec grand intérêt et profit spirituel  :
LA LETTRE APOSTOLIQUE SALVIFICI DOLORIS DU SOUVERAIN PONTIFE JEAN-PAUL II.


 

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Dimanche 15 septembre : "Résurrection" Quand l'amertume devient reconnaissance.

Lettre pastorale de la Conférence des évêques suisses pour le Jeûne fédéral 2002 

La Parole de Dieu, une lampe sur nos pas

(cf. Ps 119,105)  

A l'occasion du Jeûne fédéral et en prévision de l'année 2003 qui sera particulièrement consacrée à la Bible, il nous est apparu opportun de nous poser quelques questions: Que représente pour nous la Bible? Reconnaissons-nous en elle la Parole de Dieu lui-même? Comment peut-elle éclairer la vie de nos communautés, de nos familles et de nos propres personnes?

 

1. Que représente pour nous la Bible?

Une parole qui demeure

         Dans le flot des informations quotidiennes d'innombrables paroles sont prononcées, d'innombrables textes sont écrits Il ne se passe pas un jour sans que nous ne regardions la télévision, écoutions la radio ou lisions un journal. Les nouvelles nous sont données en «essuie-glace». Celles du jour effacent celles de la veille. L'inflation de paroles diminue la valeur des mots et leur signification s'infléchit en suivant des modes temporaires. 

La Parole de Dieu au contraire est celle qui demeure et, chaque jour, elle peut éclairer une situation actuelle. Encore faut-il connaître la Parole de Dieu, prendre le temps de la lire, de la méditer. Encore faut-il comprendre ses messages et savoir y découvrir une lumière pour notre vie concrète d'aujourd'hui.

 

La Bible: une bibliothèque!

 

Il importe de se souvenir que la Bible est une sorte de bibliothèque: un ensemble de 73 livres dont 21 du Nouveau Testament. Les événements ont été vécus, les enseignements transmis, les expériences spirituelles méditées, les textes mis par écrit au cours de plusieurs siècles. Par conséquent, chaque livre doit être lu en fonction de son époque, de son contexte historique, de son genre littéraire d'une part, mais aussi en fonction de son message pour nous aujourd'hui d'autre part. 

L'approche des textes bibliques exige une certaine formation pour savoir distinguer les données temporaires des révélations divines qui dépassent toutes les époques et leur donnent un sens toujours actuel. Les connaissances de la science évoluent avec le temps, tandis que le message de la révélation garde sa valeur et sa vérité en tout temps. 

Dès lors, on peut se poser la question: la lecture de la Bible n'est-elle pas une affaire de spécialistes et n'est-elle pas réservée à quelques savants? 

Il faut répondre que les sciences de la Bible nous aident à mieux comprendre le message et dans c sens-là nous aurons toujours besoin des explications des spécialistes. Par contre le message qui s'en dégage est une révélation pour chaque lecteur ou auditeur de la Bible. Dieu se révèle et parle au cœur de l'être humain et c'est là qu'il vient éclairer la vie de chacun.

 

Promesse et accomplissement

 

Efforçons-nous de percevoir, quand nous lisons la Bible, l'étonnant dynamisme qui la traverse. Elle est rythmée par deux mots pleins d'espérance: «promesses» et «accomplissement».

Le Dieu de l'Alliance est celui des promesses. Il est célébré comme le Dieu fidèle. La réalisation partielle de ses promesses, - le don d'une descendance ou d'une terre, par exemple, - tend irrésistiblement vers l'événement de salut auquel chaque écrit du Nouveau Testament rend témoignage: l'envoi du Fils bien-aimé. «A la plénitude des temps, dit la lettre aux Hébreux, Dieu nous parla en son Fils» (He.1,2) Et saint Paul d'affirmer: «Toutes les promesses de Dieu ont trouvé leur oui dans sa personne» (2 Cor. 1,20). 

L'Ancien Testament annonce le Messie et le Nouveau Testament manifeste sa présence. Saint Augustin résume cela dans une merveilleuse formule: «Dans l'Ancien Testament le Messie est caché. Dans le Nouveau il apparaît.» Connaître les Ecritures c'est mieux connaître le Christ. Saint Jérôme affirme même que l'ignorance des Ecritures, c'est l'ignorance du Christ.

 

2. Reconnaissons-nous dans la Bible, la Parole de Dieu lui-même?

 

Dans la foi, nous croyons que la Bible nous fait entendre la Parole de Dieu lui-même. La Révélation que cette Parole nous communique nous permet d'atteindre ce que ni la réflexion humaine, ni la philosophie ou une science quelconque ne peuvent nous donner. Par elle nous apprenons que le Dieu vivant est Père, Fils et Esprit. En Jésus-Christ, Fils de Dieu, son dessein d'amour offre à l'humanité le salut, la libération et la vie. La dignité et la vocation de chaque personne humaine, créée à l'image de Dieu, dépasse les limites de notre terre puisqu'une autre authentique filiation est offerte à tous les enfants du Père (1 Jn3,1). 

La Révélation est progressive et à travers des récits émanant de l'histoire d'un peuple, de la sagesse antique ou des déclarations des prophètes, Dieu éduque son peuple. On peut parler d'une patiente délicatesse de Dieu. Un long chemin devait en effet être parcouru par l'humanité avant d'être capable d'entendre la parole de Jésus «Aimez vos ennemis» (Mt 5,44) 

Mais cette histoire est aussi personnelle et appropriée à chacun d'entre nous. Dieu est aussi patient envers nous aujourd'hui. Chaque homme est une histoire sacrée puisque la Bible dit, dès le commencement, qu'il a été créé à l'image de Dieu. Le but n'est-il pas d'aller jusqu'à la ressemblance par une vie intime avec le Fils bien-aimé du Père?

 

3. Comment la Bible peut-elle éclairer la vie de nos communautés, de nos familles et de nos propres personnes?

 

Dès les débuts de l' Eglise, le rôle de la communauté apparaît comme le lieu privilégié de la compréhension des Ecritures. Aussi ne faut-il pas séparer Bible et Eglise. L'Écriture a pris naissance dans la tradition de foi qui la précède. Ses auteurs inspirés ont procédé de génération en génération à la mise par écrit des éléments de cette tradition. La lecture et la relecture de l'histoire qui les ont opérées, leur réflexion sur le dessein de Dieu, la prédication prophétique en particulier ont favorisé la fidélité du peuple de Dieu tant de fois menacée et blessée. 

C'est le même peuple de Dieu, guidé par l'Esprit, qui a reconnu dans les livres de la Bible l'expression autorisée de sa foi. Forte de cette reconnaissance, l'Église a pu ainsi percevoir l'unité interne de la Révélation culminant en Jésus «Voie, Vérité et Vie». Elle a pu assurer le service d'une interprétation fidèle, adaptée à chaque génération. En communion avec l'Eglise, notre lecture ne peut être que sereine et féconde. En particulier la méditation quotidienne des psaumes permet de découvrir le sens messianique de ces prières adaptées aux diverses circonstances de la vie. 

Ce que les moines et moniales ont transmis à travers les siècles, aujourd'hui beaucoup de fidèles laïcs le partagent avec les religieux, religieuses et prêtres: la lecture, voire le chant quotidien des psaumes enracinent la foi chrétienne dans le judaïsme. Jésus a connu ce judaïsme et il est venu accomplir et non pas abolir les promesses messianiques.

        Les progrès des relations oecuméniques permettent aussi une lecture commune de la Bible entre chrétiens de différentes confessions. Heureusement.

 

La Bible lue et écoutée

 

Pour connaître la Bible, il faut la fréquenter. La lecture régulière ne peut que s'accompagner d'admiration et de reconnaissance. La Parole de Dieu instaure un dialogue entre Dieu et chacun de ses enfants. Elle propose, elle attend notre réponse personnelle et libre. 

Lire la Bible chez soi, entendre la Bible en communauté, c'est se laisser parler au cœur par un Dieu qui cherche une réponse à ses signes d'amour quotidiens. Notre souhait serait que nos familles aussi prennent à nouveau le temps de la lecture biblique. Une recherche commune des éclairages du quotidien par la Bible peut redonner sens à la vie, aider à porter les fardeaux les uns des autres, supporter mieux une souffrance, redécouvrir les bienfaits de la louange. 

La lecture personnelle comme l'étude communautaire de la Bible ne cherchent pas à former des érudits mais des disciples de Jésus. C'est pourquoi la lecture de la Bible ne doit pas être séparée de la vie sacramentelle, d'une expérience de prière, ni tenue à l'écart des choix concrets que chacun est appelé à faire. L'Eucharistie n'est-elle pas cette seconde table dont parlent les Pères de l' Eglise? La prière ne nous conduit-elle pas à faire le mémorial concret guidé par l'Esprit Saint des paroles inspirées? La liturgie nous confronte à l' Ecriture sainte. La Parole de Dieu consignée dans la Bible et lue dans la constante tradition de la foi de l'Eglise ne doit-elle pas être «une lampe sur nos pas, une lumière pour notre route» comme le dit le psaume 119. La participation à l'Eucharistie dominicale surtout peut permettre une écoute, une audition des textes de l' Ecriture sainte, souvent commentée dans les homélies.

            La Bible est le guide de tous nos discernements, qu'il s'agisse d'amour ou de respect de la vie, de fraternité universelle, d'engagement concret en faveur de la justice sociale ou d'apostolat liturgique. Oui, frères et soeurs, «Dieu nous a parlé par son Fils». La Bible nous fait entendre cette Parole. Soyons-en les lecteurs émerveillés.

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Prédication

Jean 13, 31,33a.34-35

Frères et sœurs,

Au terme d'une semaine de pèlerinage, bien entendu, il ne peut être question en guise de conclusion, qui n'est pas une conclusion, que de la tendresse de Dieu. Dieu tout-puissant, ce qui signifie que sa tendresse n'a pas de limite, que son amour est total, j'allais dire : inconditionnel ! Dieu tout-puissant, ce la ne veut pas dire qu'il nous impose quoi que ce soit,mais cela veut dire qu'il a un désir d'amour, une proposition d'amour, et que librement, je dis bien " librement ", nous avons à y répondre. Marie pendant cette semaine nous a aidés dans ce cheminement. L'apôtre saint Jean nous le redira d'ailleurs dans ses lettres, spécialement. Au point qu'on disait qu'il radotait : " Mes petits enfants, aimez-vous les uns les autres ! " Le reste, c'est du vent ! Mais vous avez remarqué cette phrase ! " Je vous donne un commandement nouveau ! " En quoi est-il nouveau ce commandement ? Dès l'ouverture de pèlerinage, nous en avons parlé. Ce commandement est nouveau par rapport à la Loi ancienne. La Loi ancienne disait :Aime ton prochain comme toi-même ! Ne fais pas pour les autres ce que tu ne veux pas qu'on te fasse à toi-même. La référence, c'est toi. Le commandement nouveau : " Comme je vous ai aimés, vos aussi, aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ! " La référence devient Jésus-Christ lui-même ! C'est Jésus-Christ qui est capable d'un amour total qui va jusqu'à l'amour de l'ennemi. J'en ai déjà parlé à plusieurs d'entre vous…
Il y a une phrase qui dans l'Evangile est difficile à prêcher et que je n'ai pas prêchée pendant longtemps parce que je ne comprenais pas ! Cette phrase est la suivante : si on te frappe sur une joue, tends l'autre ! " Je ne comprenais pas. D'autant que Jésus a été giflé pendant son procès et il n'a pas tendu l'autre joue, il a demandé la justice. Si j'ai bien parlé, pourquoi est-ce que tu me frappes ? et si j'ai mal parlé, dis voir un peu ce que j'ai dit de mal. Alors, qu'est-ce que ça veut dire : tends l'autre joue ? C'est un prêtre de Nazareth, lors d'un pèlerinage qui m'a renseigné là-dessus, avec un petit sourire d'ailleurs. Il m'a dit : " Vous autres les occidentaux, vous êtes compliqués ! " Alors,je lui ai demandé : " Mais à partir de votre mentalité du Moyen-Orient, tendre l'autre joue ? " Et voici sa réponse… Et ça m'a plus, et maintenant, je le prêche : On a deux joues (Eh bien oui !) l'une pour recevoir les gifles et l'autre les baisers ! On te frappe sur une joue, tends l'autre, pas pour recevoir une baffe ! Quand même on n'est pas fou ! Encore qu'il y a un risque… Mais tends l'autre joue pour donner à ton adversaire du moment la possibilité de changer d'attitude. Et celui qui t'a frappé, je sais un jour qu'il voudra t'embrasser. Laisse-lui sa chance comme le Seigneur nous laisse notre chance ! Je ne peux pas m'empêcher de croire profondément que Dieu le Père et Jésus passent leur temps à tendre l'autre joue ! Parce que des gifles, ils en prennent ! Et ils tendent l'autre joue en disant : Toi, tu m'as frappé ! Tu es sûr que maintenant, tu ne veux pas m'embrasser. Et ils nous laissent notre chance, ils laissent place à toutes les réconciliations !
Et je voudrais aussi méditer longuement… Mais vous connaissez par cœur cette parabole, l'histoire du bon Samaritain. Vous savez un homme est dans le fossé, inconscient, une sorte de commas. Et voilà qu'un prêtre passe et continue sa route… Un lévite passe, il continue sa route… et un samaritain, lui, il s'arrête ! Ah ! c'est l'ennemi du fils blessé, mais il s'arrête ! Il s'approche ! Et Jésus à la fin de cette histoire nous pose la question suivante… Il ne faudrait pas passer trop vite sur cette question : " Lequel des trois… le lévite ou le samaritain s'est montré le prochain de l'homme dans le fossé ? " Vous avez entendu ça ? Le prochain pour Jésus, c'est le Samaritain qui s'est approché. Ca n'est pas l'homme qu'on doit aider, ça n'est pas l'homme dans le fossé. C'est celui qui s'approche. Excusez-moi, mais pendant cette semaine, je ne vous ai jamais considéré comme mon prochain… J'ai essayé de me faire votre prochain, sous-entendu, en me dépensant pour vous, et voilà ! (rires) Mais c'est exactement ça pour tout le monde ! Le prochain, c'est celui qui s'approche ! Messieurs, votre épouse n'est pas votre prochain, mais vous devez aimer ! C'est vous qui devez vous faire le prochain de votre épouse ! Et réciproquement ! Le prochain, c'est celui qui prend l'initiative et qui n'attend pas qu'on sonne à la porte… Il prévient, il prévit, il organise, si bien que la charité a dépasse de très loin la seule phrase : faire la charité ! La charité évangélique englobe toutes les questions de justice et de dignité humaine.
La Vierge Marie a été présente pendant toute cette semaine à partir de textes différents d'Évangile. Je ferai simplement remarquer que l'Évangile parle peu de Marie, que l'Évangile n'est pas une biographie, mais il s'agit d'une véritable catéchèse. On parle de Marie très peu, mais quand on en parle, c'est toujours dans une atmosphère de sacrifice et d'amour, toujours Annonciation, Visitation, Présentation au Temple après sa naissance… Jésus qui se perd dans le Temple, à l'âge de douze ans… Voyons ! il n'est pas perdu… Combien de temps, il s'est perdu ? Trois jours ? Ca ne vous rappelle rien trois jours ? C'est les trois jours du tombeau.
Et l'Annonce de Jésus à Marie et Joseph puisque ce texte a été écrit après la résurrection… " Pourquoi est-ce que vous me cherchiez ? Vous ne saviez pas qu'il fallait que je m'occupe des affaires de mon Père ? " Et voilà cette parole que Jésus va adresser dans ce texte-là à tous les croyants. " Ne me cherchez pas, vous ne me voyez plus, mais Je suis là, n'ayez pas peur ! Je suis avec vous jusqu'à la fin des temps ! " Marie, on en parle peu, mais toujours comme servante du Seigneur, comme maîtresse d'Alliance, comme pédagogue de la tendresse des hommes. Marie, le plus beau cadeau de la terre à Dieu et le plus beau cadeau de Dieu à la terre !
Une religieuse, un jour, oh ! ce n'est pas n'importe qui, elle est docteur de l'Eglise ! C'est sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus !... a eu cette réflexion : " Comme j'aurais voulu être prêtre pour bien parler de Marie. Il me semble qu'une seule fois m'aurait suffi pour faire comprendre ma pensée à son sujet. " Et elle ajoutait : " Il ne faut pas dire n'importe quoi sur Marie, pas des choses inventées, rien que des choses réelles ! " Et elle ajoutait encore : " Il faut présenter Marie beaucoup plus comme Mère que comme Reine. Oui ! Marie est Reine ! Elle est d'abord notre Mère ! Celle qui nous montre le chemin.
Notre pèlerinage, c'est une marche en avant et une marche qui ne se termine pas! En arrivant ici en voiture, parce que… (rires) J'ai vu beaucoup de piétons… Vous, vous marchez ! C'est ça le pèlerinage, un pas devant l'autre, et puis on arrive !
Notre pèlerinage ne ressemble pas, et pourtant un petit peu quand même ! A celui qui a lieu une fois par an au Grand-Duché du Luxembourg ! Il y en a qui connaissent ce pèlerinage dans une ville qui s'appelle " Echternach ". Ce pèlerinage attire énormément de curieux qui se tiennent au bord de la route, sur la touche ! Des pèlerins aussi… Et pourquoi ça attire beaucoup de curieux ? parce que les gens font le tour du pays derrière la statue de leur patron un saint Willibrord, un moine irlandais, en marchant de la façon suivante : cinq pas en avant, trois pas en arrière ! et on repart, cinq pas en avant et trois pas en arrière ! Ca fait rôle pour ceux qui sont sur la touche, ils ont l'impression d'une danse de saint Guy ! Mais pour celui qui marche, il sait que c'est un magnifique symbole visuel qui date du Moyen-Age, de la sainteté, c'est-à-dire de la fidélité : faire plus de pas en avant que de pas en arrière ! Il me faut faire huit pas pour avancer effectivement de deux ! L'important, c'est de faire le tour du pays ! La voilà, la vie humaine, c'est ça le pèlerinage, c'est ça, notre sainteté de tous les jours. On avance, on recule et oui ! On finit quand même par remplir sa mission et c'est tout l'itinéraire. Il y en a peut-être qui se disent : " Oh moi ! Je ne suis pas capable d'aimer les autres ! " Si ! Mais si ! Parce que celui qui bouge juste d'un millimètre, ça n'est vraiment pas grand-chose, un millimètre, il donne au moins la preuve qu'il n'est pas immobile ! Maintenant, si vous pouvez faire un petit peu plus qu'un millimètre, ce sera bien ! Mais ne jamais être immobile, toujours en marche ! Marie a toujours été en marche ! Elle s'est engagée dans une aventure absolument incroyable, elle a tenu bon, et c'est elle qui dans l'église primitive, était certainement au centre des regards de chacun ! car les premiers chrétiens, pour avoir devant les yeux le spectacle de la fidélité, ne regardaient pas spontanément vers Pierre et les Apôtres, mais vers cette femme qui n'était ni pape, ni évêque, ni prêtre, mais qui était véritablement dans sa personne, la chrétienne réussie, la croyante et la Mère de la foi ! ceci étant, je m'arrête, vraiment je m'arrête ! Vous ne m'entendrez plus ! Vous pouvez oublier tout ce que je vous ai raconté pendant la semaine, tout ! Sauf une chose ! Une chose que j'ai pu dire à l'ouverture même de ce pèlerinage ! Chacun, chacune d'entre vous est aimé de Dieu d'un amour préférentiel, comme s'il était tout seul devant Dieu ! Comme s'il était Dieu lui-même en face de lui ! Chacun d'entre vous est aimé d'un amour préférentiel ! Mais ça, il faut être le Bon Dieu pour être capable d'aimer tout le monde et chacun d'un amour préférentiel ! Il en est capable, c'est notre joie ! Et Merci à Marie de nous avoir donner Jésus ! Alleluia ! Amen !

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