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Chapelle N-D du Vorbourg / CH-2800 Delémont (JU) / tél/fax + 41 032 422 21 41

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Pèlerinages de la Vénérable
Marie de Sales CHAPPUIS (1793-1875)
à la chapelle
Notre-Dame du Vorbourg.



 

Citations tirées de :

Vie de la vénérée Mère Marie de Sales Chappuis de l'Ordre de la Visitation Sainte-Marie, par le R.P. BRISSON, Paris 1891 chap. IV et V

Née le 16 juin 1793 à Soyhières, Marie-Thérèse Chappuis fut baptisée à Petit-Lucelle, en raison de l'occupation française de la vallée de Delémont. A la naissance de l'enfant, un de ses frères la voyant prise de convulsion, partit de nuit la faire baptiser à Lucelle. Aucun des prêtres cachés par le père de l'enfant dans sa maison ne s'y trouvait à ce moment-là. Entrée à la Visitation de Fribourg puis nommée supérieure de celle de Troyes, en France, elle est à l'origine de la Fondation des oblats de Saint-François-de-Sales avec le P. Brisson. Sa vie spirituelle, telle que narrée par le P. Brisson est parsemée d'événements hors du commun.

On lira avec intérêt le chapitre que consacre à la vénérable Mère, M. Pierre-Olivier WALZER, Vie des Saints du Jura, éd. chez l'auteur à Réclère, 1979.

Ici sont reproduits quelques éléments de son enfance en relation avec la chapelle du Vorbourg. Il est bon de tenir compte en lisant ces lignes, qu'il s'agit du genre " littérature religieuse édifiante ", telle qu'on la comprenait et pratiquait au siècle passé. Vous trouverez également d'autres pages consacrées à la Vénérable Mère en suivant ce lien...

Soixante-dix ans plus tard, la bonne Mère, interrogée sur sa première communion, répondit : " En ce moment, le Sauveur m'a tout donné, j'ai tout vu, et ce que j'avais reçu, et ce que je devais recevoir le reste de ma vie. " A dater de ce moment, Thérèse (Marie de Sales) sentit qu'elle n'était plus seule ; tout sembla se transformer autour d'elle. Les pèlerinages qu'elle aimait à faire à la chapelle des Trépassés, à Notre-Dame du Forbourg, n'étaient plus pour elle une simple récréation d'enfant. Au lieu de s'y rendre en la compagnie de tous ses frères et de ses sœurs, elle y allait accompagnée de Xavier, son frère aîné, qui la suivait à distance, et qui lui laissait la liberté de prier et de s'entretenir avec Dieu. Dans ces pèlerinages, Thérèse ne suivait pas seulement les sentiments d'une dévotion affective, elle pratiquait encore des pénitences proportionnées à son âge. Le mercredi et le vendredi, elle disait à son frère : " Il faut mettre aujourd'hui de petits cailloux dans nos souliers pour monter à Notre-Dame du Forbourg. " Et les enfants mettaient, en effet, tous deux des cailloux dans leurs souliers.

Souvent Thérèse allait avec son frère François à Notre-Dame du Forbourg. Leur mère les y envoyait pour demander à Notre-Dame la guérison d'un petit, la santé du bon oncle, le courage et la force dont leur père avait besoin pour remplir ses charges en ces temps d'épreuve. Les deux enfants prenaient alors le petit sentier qui, aujourd'hui encore, part de Soyhières à travers la montagne

et se dirige vers la chapelle vénérée.
(Suit une description selon le goût de l'époque... ).
A moitié chemin, ils entraient pour se reposer dans une métairie qui leur appartenait. Cette métairie se trouve encadrée dans une espèce de coupe de verdure creusée dans la montagne, au milieu de hautes herbes où les vaches suisses semblent disparaître, tant le pâturage est abondant. Des bouquets de taillis sont semés ça et là sur les bords de cette coupe.
Après avoir traversé la métairie, le petit sentier reprend bientôt pour arriver à la lisière du bois. Ce bois, que les exigences du site, et sans doute aussi le respect pour le sanctuaire qu'il environne, ont fait respecter par ceux qui le possèdent, est exactement aujourd'hui ce qu'il était à l'époque où la bonne Mère le parcourait enfant. Ce sont les mêmes êtres séculaires, les mêmes fontaines qui coulent au bord du petit chemin, marqué à chaque pas par des ex-voto et frayé par les pas des pèlerins de la contrée. Ce sont les mêmes fleurs ; oh ! qu'elles sentent bon ! Ce sont les mêmes chants d'oiseaux ; voilà encore ces nids comme ils en trouvaient ensemble. C'est bien là ce qu'elle nous a dépeint tant de fois avec émotion ; c'est bien là le petit sentier qui conduisait François et Thérèse au pèlerinage où les envoyait leur mère.

Allez à Soyhières, parcourez ces sentiers qui conduisent de la maison de l'oncle à Notre-Dame du Forbourg, les mêmes qu'elle franchissait ; cherchez-y le Dieu qu'elle y voyait, et, je vous l'affirme, vous l'y trouverez encore…

Toilettes et pèlerinages.

On avait préparé à Soyhières et dans plusieurs villages voisins un grand pèlerinage à Notre-Dame du Forbourg. Les pèlerinages de cette époque étaient pour toutes les jeunes filles une occasion de montrer leurs toilettes et de faire connaître la fortune de leur famille. Un certain nombre de nœuds, portés sur la robe, indiquaient la quotité de la dot qu'elles devaient avoir ; celles qui ne se destinaient pas au mariage ne portaient pas ce signe distinctif ; mais elles avaient soin de porter dans leur coiffure des filaments d'or ou d'argent , dont le nombre ou la forme servaient à déterminer la situation de leurs parents. Or, à l'un de ces pèlerinages, Mlle Thérèse s'était habillée selon son goût. Elle n'eut qu'à jeter un regard pour remarquer combien sa toilette était plus élégante que celle des jeunes filles de Soyhières et des villages voisins. En sortant de l'église, elle entend quelques jeunes filles se dire tristement entre elles qu'elles sont bien dépassées par Mlle Thérèse. Que fait Thérèse ? Arrivée devant la porte de sa tante, où passait la procession, elle entre dans la maison, défait vivement toute sa toilette, revêt ses habits les plus usés, et rejoint la procession au sortir du village…


 

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