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Chapelle N-D du Vorbourg / CH-2800 Delémont (JU) / tél/fax + 41 032 422 21 41

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Révolution Française

La chapelle du Vorbourg fût le théâtre d'un des épisodes de l'invasion de la principauté épiscopale par les troupes françaises. Voici la narration qu'en fait Louis Vautrey dans ses " Notices historiques sur les villes et villages catholiques du Jura ", District de Delémont.

M. Jean Germain Bouvier fut curé de Montsevelier durant 35 ans. Il était né à Saint-Ursanne le 10 juillet 1731. Chapelain pendant 16 ans du chapitre de St-Ursanne, il fut nommé en 1774 curé de Montsevelier. La révolution le trouva à ce poste ; il ne quitta pas sa paroisse qui était du reste dans une position exceptionnelle. Il se trouva mêlé, au commencement de la tourmente révolutionnaire à une démonstration religieuse qui aurait pu avoir pour lui de fâcheux résultats. Voici le récit qu'en fait le curé Koetchet, dans son histoire de cette époque si agitée :

" En 1792, un événement remarquable eut lieu à la chapelle du Vorbourg. Les habitants de la vallée de Delémont, voulant se débarrasser des Français, entreprirent de se faire passer pour alliés des Suisses. Ils crurent qu'en montrant les anciens titres de la vallée, ils pourraient en venir à bout. Les maires s'entretinrent de cette affaire, lorsqu'ils se trouvèrent ça et là ensemble. Mais comme tout rassemblement était alors défendu, ils n'osaient se réunir dans un même lieu. En conséquence il fut convenu que le jour de la Visitation de la Sainte Vierge, 2 juillet, tous les maires intéressés à la chose se trouveraient avec les députés de chaque commune à la chapelle du Vorbourg, qu'on y ferait dire une messe et que dans la suite on chômerait cette fête. Le bruit se répandit bientôt partout, de sorte qu'au jour marqué, il y eut dans cette chapelle une grande affluence de monde et ce fut le curé de Montsevelier, vieillard de 60 et quelques années, nommé Bouvier qui y célébra la messe.

Les patriotes de Delémont qui étaient toujours aux aguets, surent tout au matin ce qui se passait. Ils en allèrent d'abord prévenir Michaud, comandant de la place. Ils lui firent entendre ce rassemblement était dangereux, que tous les paysans de la vallée s'étaient réunis pour conspirer contre les Français et les attaquer ; qu'il importait de disperser cette troupe séditieuse. Le commandant s'étant laissé persuader par ce verbiage, fit battre la générale, et conduisit quelques compagnies de ses gens derrière l'église de la paroisse, leur ordonna de charger leurs armes, d'aller investir la chapelle du Vorbourg et de fouiller tous ceux qui en sortiraient. Les soldats arrivèrent sur la fin de la messe, et bientôt on le sut dans toute la chapelle. Ceux qui étaient chargés de titres et papiers des communes se trouvèrent étrangement embarrassés. Ils s'avisèrent de monter sur le plafond de la chapelle et de cacher leurs papiers sur les poutres de la charpente. Les soldats qui étaient aux portes de la chapelle, fouillèrent quelques individus, mais n'ayant rien trouvé, ils se contentèrent d'arrêter le curé de Montsevelier, qu'ils conduisirent au corps de garde à Delémont. On l'interrogea sur ce rassemblement, mais n'ayant rien pu savoir de lui, on le laissa retourner dans sa cure. Bientôt après l'affaire du Vorbourg, il fut défendu d'entrer en ville avec, dans la ville et aux environs, même dans les villages voisins, comme des tailleurs ; car avant cette époque, tous les messieurs, même les écoliers ne sortaient jamais de chez eux qu'en canne. Les gens de métiers des villes n'en portaient pas à la vérité aux jours ouvrables, mais ils en avaient toujours aux fêtes et aux dimanches. "

Arthur Daucourt, Histoire de la ville de Delémont, p. 650-651:

La tempête révolutionnaire qui, à la fin du dernier siècle, éclata en France, n'épargna pas l'évêché. Il fut envahi, vers la fin d'avril 1792, par une armée française et réuni de force à la France en 1793 (...).
Le 28 juin 1793, par ordre du Conseil général, les citoyens Joseph Métile et Charles Marchand, municipaux et le Greffier se rendirent au Vorbourg et emportèrent divers effets (...).
Il était temps de soustraire aux profanations et peut-être à la destruction la statue miraculeuse de Notre-Dame du Vorbourg qui, durant des siècles, était visitée par des milliers de pèlerins, et qu'on avait toujours regardée comme le palladium de la ville et de la vallée. Le 23 novembre 1793, des mains fidèles et dévouées emportèrent secrètement la statue de la Sainte Vierge et la déposèrent dans une grotte à une certaine distance de la chapelle, où des personnes pieuses venaient en secret la vénérer.
Plus tard, comme on craignait que ce refuge de l'image de l'Enfant Jésus et de sa Mère ne fût découvert par les nouveaux Hérode, on porta le précieux dépôt dans une grotte plus étroite et plus éloignée, où il se trouvait en parfaite sûreté. On avait composé une prière à Notre-Dame du Vorbourg réfugiée dans sa grotte. On y demandait au ciel par son intercession, la fin de la persécution et le triomphe de la religion.
Le 8 thermidor an IV (22 jullet 1796) la chapelle du Vorbourg, déclarée domaine national, avait été vendue par les administrateurs du département du Mont- Terrible, au nom de la République française, à M. Wicka, médecin à Delémont.
Le 9 fructidor an VI (5 décembre 1798), Antoine Rais, de la première métairie du Vorbourg, racheta le vénéré sanctuaire dudit WIcka, il y fixa sa demeure et en fut lui-même le gardien jusqu'à sa mort arrivée le 16 avril 1827.
Il est consolant de voir deux bourgeois de Delémont faire l'acquisition de la sainte chapelle, dans l'unique but de la préserver de la destruction ou de la profanation, pour la rendre à son ancienne destination dès qu'il serait possible.
On ignore la date précise où la Sainte Image fut replacée sur son autel, mais on peut admettre comme certain qu'elle y était le 12 octobre 1800, puisque c'est ce jour même, fête de saint Pantale, évêque et patron du diocèse de Bâle, que les offices publics recommencèrent dans l'église paroissiale de Delémont.
On releva une partie des quinze croix du Rosaire, dressées sur le chemin du Vorbourg et que le vandalisme révolutionnaire avait renversées.
En 1822, la ville de Delémont acheta, à Antoine Rais, la chapelle du Vorbourg et ses dépendances.

P.S. Une des deux cloches de la chapelle fut fondue lors de la Révolution. Elle a été remplacée par celle qui porte le nom de Saint Pie IX.

 

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